Sens Commun remet le mariage gay dans le débat politique 

Sens Commun, mouvement issu de la Manif Pour Tous au sein de l’UMP, organisait son premier grand meeting national ce samedi à Paris sur le thème : la Droite que nous voulons. Invités, les trois candidats à la présidence de l’UMP : Nicolas Sarkozy, Bruno Lemaire et Hervé Mariton avaient accepté d’y participer pour se plier au grand oral. Grâce à une campagne de publicité intense notamment sur les réseaux sociaux, les journalistes sont venus suivre le meeting en nombre. À cette occasion, le sujet du mariage homosexuel est revenu sur la table.

Il est déjà assez significatif que les trois candidats aient accepté de venir. Si ce n’est pas une surprise pour Hervé Mariton dont on connait les positions sur ces sujets sociétaux, cela l’est plus pour Nicolas Sarkozy ou Bruno Lemaire. Cela donne une idée sur l’importance du mouvement que ce soit par son poids au sein du parti mais aussi par sa portée dans les médias. C’est une chance pour les candidats de voir leurs paroles répercutées dans la grande presse. Il n’en reste pas moins que parmi les trois candidats, seuls deux comptaient vraiment sur les voix de Sens Commun : Hervé Mariton et Nicolas Sarkozy. Hervé Mariton veut continuer de garder sa posture de leader d’opposition à la loi Taubira. Nicolas Sarkozy, plus cynique, voulait jouer sur les deux tableaux : les opposants et les partisans du mariage homosexuel. Bruno Lemaire, lui, a préféré s’adresser à travers ce meeting à un électorat plus centriste, ne prenant pas une posture électoraliste mais conforme à ses convictions.

Mis sous pression de la salle, Nicolas Sarkozy a sorti le mot : « abrogation » avant de rattraper le coup en parlant d’un mariage homosexuel et d’un mariage hétérosexuel. Ces déclarations ont mis en émoi la presse et le monde politique, qui tous avaient leur avis sur cette prise de position qui n’aura pas trompé les plus farouches opposants à la loi Taubira. On peut remarquer que même le président de la République, François Hollande, a tenu à s’exprimer sur le sujet même s’il n’a pas voulu commenter des débats internes à un parti : « elle est appliquée sans heurts, y compris par des maires qui à un moment avaient pu émettre un certain nombre de doutes ou d’interrogations. Elle est d’ailleurs chaque jour mieux comprise. » Les sarkozystes inconditionnels trouvent qu’il a pris une position courageuse, d’autres sont plus critiques. À gauche, on est très critique mais on donne aussi son avis comme si le débat n’avait jamais été fermé

Le débat sur la loi Taubira est de nouveau revenu sur la scène politique, à travers le meeting de Sens Commun. Il continue de gêner les leaders de droite qui ne savent pas quelle position électoraliste est la meilleure sur le sujet. Les médias, de leur côté, se sont empressés de donner des raisons qui rendent impossibles l’abrogation de la loi. Pour cela, ils sont allés interroger l’avocate Caroline Mécary, membre d’EELV et qui milite ouvertement et activement en faveur des droits LGBT. Comme avis impartial, on fait mieux ! Néanmoins le débat sur la loi Taubira risque de se prolonger jusqu’en 2017, voir au-delà !