Paride Taban , évêque de Torit, Sud-Soudan: « Notre pays n’a jamais eu 500.000 enfants dans la rue » 

Depuis décembre 2013, la guerre est revenue au Sud Soudan avec les divisions entre le président Salva Kiir et son vice-président, Riek Machar. Les deux dirigeants politiques font dégénérer le conflit entre les deux principaux groupes ethniques: les Dinka et les Nuer, division qui se poursuit de génération en génération. L’Évêque émérite de Torit, au Sud-Soudan, Paride Taban, a déclaré que le pays « n’avait jamais eu 500.000 enfants dans la rue » et regrette de les voir manger dans les poubelles, tandis que la guerre se poursuit dans le plus jeune État du monde. L’Église travaille sur la médiation entre les parties en conflit. « Nous devons demander pardon à tous ceux qui nous aident à accéder à l’indépendance. Nous sommes tous coupables. Nous devons admettre que nous avions tort et recommencer depuis le début. Jamais je n’avais jamais vu des enfants manger des ordures à Juba , capitale du pays. Notre pays n’a jamais eu 500 000 enfants de la rue. J’ai vu des personnes vivant dans des maisons abandonnées, on voit des véhicules remplis de soldats et d’armes qui passent en face d’eux. D’où viennent-ils ? Qui leur a donné des armes si lourdes et si visibles? Il y a quelques jours, je célébrais des funérailles dans ma ville, Torit, et j’ai commencé à pleurer de désespoir. Les gens me disaient: évêque, ne pleure pas! Si tu pleures, Où allons-nous finir? ». Ensuite, j’ ai demandé à quelques Norvégiens, qui étaient présents: «Aidez-nous à ce que le Soudan du Sud soit comme la Norvège, un pays où les gens meurent de vieillesse ». Le Sud Soudan a célébré la quatrième année de son indépendance, le 9 juillet. Depuis décembre 2013, la guerre règne en raison des divisions entre le président Salva Kiir et son vice-président, Riek Machar. Un rapport de la Fondation d’aide aux Églises en Détresse a rapporté que beaucoup de gens sont obligés de manger de l’herbe et des fruits sauvages pour éviter la mort. Plus de 1.000.000 enfants sont mal nourris, 500.000 personnes ont fui à l’étranger et 2.000.000 personnes ont été déplacées. Les affrontements ont fait plus de 500.000 victimes.