Nicolas Calbrix (DLF): « Notre mouvement développe des thématiques qui parlent au coeur des Français » 
interview

nicolas calbrix2Comme chaque année désormais, le parti de Nicolas Dupont-Aignan: Debout la République a tenu son congrès ce dimanche à Paris. Le changement de nom du parti en Debout la France a été voté par 87% des 1300 personnes présentes. Cela a été aussi l’occasion pour le parti de réaffirmer ses ambitions et ses idées. Avenir du parti,politique, élections, Nicolas Calbrix, président des jeunes de Debout la France répond à nos questions.

1)     Nicolas Calbrix, dimanche se tenait le congrès de Debout la République qui a voté le changement de son nom à Debout la France. Pourquoi avoir changé de nom ? Est-ce pour créer une nouvelle dynamique ou bien pour être rassembleur ?

 Il s’agit avant tout de prendre en compte l’état de notre pays. La République, dans son principe, n’est plus remise en cause par grand monde. Alors que la France, elle, est menacée. L’Union européenne détruit sa souveraineté, le communautarisme et l’immigration incontrôlée détruisent sa cohésion et les forces politiques qui nous dirigent actuellement sont en train de l’affaiblir économiquement et sociale comme jamais auparavant.

Notre pays est confronté à une très grave crise, et c’est pour lui que nous devons agir. Nous devons le relever car la France mérite qu’on se batte pour elle, qu’on la relève de la situation dans laquelle 30 ans de gouvernements sans vision et sans courage l’ont mis. Nous leur dirons, dans les prochains mois, avec tous ceux qui nous ont rejoint et qui continuent à nous rejoindre: debout la France !

2) Un peu plus de 1000 adhérents étaient présents. Est-ce une preuve que le parti est vivant et qu’il faudra compter sur lui dans l’année politique qui vient ?

Notre mouvement est très dynamique. Dimanche, il y avait en effet près de 1 000 adhérents, sympathisants venus soutenir notre offre politique.Nous avons enregistré de nombreux ralliements d’élus locaux, des militants déçus des excès du Front national et du double discours de l’UMP mais aussi de personnes venues de la société civile.

Notre mouvement développe des thématiques qui parlent au cœur des Français : la reprise en main de son destin par la récupération des leviers du pouvoir, de la souveraineté de la France pour bâtir une société de participation, de liberté et de responsabilité. Les Français se rendent compte, jour après jour qu’il faut des nouvelles personnalités, intègres, honnêtes, sincères avec des convictions solidement ancrées qui les défendront réellement. C’est cela que Debout la France veut incarner désormais.

Et malgré le plafond de verre médiatique qui pèse sur nos têtes, nous progressons. Aux dernières élections européennes, nous sommes un des seuls partis à avoir une progression en voix par rapport à la présidentielle de 2012. Ces 4,14%, avec des dizaines de cantons à plus de 7% nous permettent de voir l’avenir très sereinement. Car en 2017, les Français disposeront d’une alternative crédible au système de l’UMP et du PS et aux extrêmes du FN et du FdG.

3) Lors de votre discours vous avez déclaré que la famille et l’éducation devraient être au centre du projet du parti pour les années à venir. En quoi cela consisterait-il ? La politique du gouvernement français sur ces thématiques n’est pas suffisant ?

Ce n’est pas que la politique du gouvernement pour la famille soit insuffisante, elle est suicidaire et injuste ! Après avoir promis la main sur le cœur que le mariage homosexuel ne serait pas une remise en cause de la famille, on assiste aujourd’hui à l’exact opposé. Nous n’étions pas contre l’idée de l’union civile de couples du même sexe, mais cela ne devait pas se faire au détriment de l’enfant qui a droit à avoir un père et une mère. Or, aujourd’hui, non seulement l’adoption est facilitée, mais la PMA et la GPA sont de fait légalisées par le gouvernement qui ne remet pas en cause les décisions de la dite Cour européenne des droits de l’homme.

Et comme si ce coup de massue sur la structure familiale ne suffisait pas, le gouvernement ne cesse de raboter le budget de la famille. Le quotient familial, l’universalité des allocations familiales sont des piliers de la politique nataliste de notre pays. C’est cette politique qui nous a permis d’avoir une démographie dynamique quand elle est en berne en Allemagne. A croire que cela dérange les socialistes que les français fassent encore des enfants. Alors comme d’habitude, ce gouvernement tape sur les classes moyennes. Nous allons faire des propositions fortes dans les années à venir car la famille reste une préoccupation majeure des français.

Quant à l’éducation, il suffit de voir les dernières décisions du gouvernement : suppression de la bourse au mérite, suppression du redoublement, rythme scolaire, invasion des lobbys dans les classes… En plus de cela, la ministre a mis à l’étude la fin des notes et a lancé une révision des programmes avec à la tête de la commission des programmes un tenant de la ligne pédagogiste pure et dure. Il est urgent de remettre la transmission du savoir au cœur du projet de l’Éducation Nationale et de mettre fin à toutes ses dérives qui amènent à un nivellement par le bas. La France recule dans chaque classement international, venant confirmer ce que chaque parent ressent et voit avec ses propres enfants. Depuis trop longtemps, les français ont l’impression qu’on les dépossède de l’Éducation Nationale et qu’ils ne pourront pas transmettre à leurs enfants tout le savoir qu’ils ont reçu.

4) Debout la France est favorable à un protectionnisme intelligent. Cela signifierait-il la sortie de la France de l’UE ou bien la fin de l’espace Schengen ?

Le ver est dans le fruit. Il faut revoir l’ensemble des traités qui régissent l’existence de l’Union européenne. De belles âmes, toujours les mêmes, nous expliquent à chaque élection qu’il faut voter pour eux pour changer l’Europe ou que si l’Europe échoue, c’est parce qu’il faut plus d’Europe. Certains la voudraient plus sociale ou plus protectrice, d’autres la rêvent comme une France en plus grand : elle n’est en réalité qu’une camisole sur notre liberté.

Quant à Schengen, tout le monde voit chaque jour que cette Europe est une passoire et que cette zone de libre circulation n’est en réalité qu’une zone de libre immigration. Il faut y mettre fin au plus vite pour réduire l’immigration, mettre fin à l’appel d’air permanent et favoriser l’assimilation.

Alors oui, nous voulons reprendre notre liberté. Nous voulons reprendre la maitrise de notre destin. Nous voulons reprendre le contrôle de notre budget, de nos frontières, de notre monnaie et de nos lois. Nous voulons rapatrier 80% des compétences qui sont exercées par l’Union Européenne car l’Europe doit servir à faire ensemble ce qu’on ne peut pas faire seul, pas à nous imposer un modèle et des politiques que les français ne veulent pas.

Mais il faut le dire clairement aux Français, nous devrons prendre le chemin de la responsabilité. La sortie de l’euro offrira un choc de compétitivité permettant de relancer la machine économique mais ça ne sera pas l’occasion de raser gratis et de remettre le programme de Mitterrand 81 sur la table comme certains peuvent le penser ; l’instauration d’un protectionnisme permettra un nouvel essor de notre industrie et de notre agriculture mais pas de sauver les entreprises de leurs propres erreurs. La liberté retrouvée ne nous exonérera pas de certaines réformes. Nous ne pouvons continuer avec des effectifs de fonction publique supérieurs de 20% à la moyenne européenne. Nous ne pouvons continuer à sans cesse taxer ceux qui travaillent pour financer l’assistanat. Nous ne pouvons pas continuer à financer un modèle social qui donne autant de droits sans devoir.

 Pour redresser notre pays, nous devrons reprendre notre liberté avec cette Union européenne. Mais il n’y aura pas de liberté sans responsabilité.

5) Le sujet des autoroutes est nouveau revenu dans le débat politique et nous savons que Nicolas Dupont-Aignan a déjà, à de nombreuses fois, alerté sur cette situation. Le parti est-il favorable lui aussi à une nationalisation des autoroutes ?

Depuis 2006, nous n’avons eu de cesse de dénoncer la privatisation des autoroutes et Nicolas Dupont-Aignan a été un des seuls à avoir le courage de combattre le gouvernement Villepin lorsque cela a été décidé et voté. Cette politique à la petite semaine a coûté très cher aux finances publiques, très cher aux automobilistes qui ont vu les tarifs autoroutiers progresser de plus de 20% sur la période. Mais cela a beaucoup rapporté aux groupes concessionnaires, comme le montre l’avis de l’Autorité de la Concurrence qui fait suite à d’autres rapports dont celui de la Cour des Comptes. Les bénéfices réalisées par les concessionnaires sont en fait l’équivalent d’un monopole privé assis sur une rente aussi confortable qu’injustifiée. Tout cela nous l’avions dit depuis des années.

L’idée récente de Ségolène Royal de taxer les autoroutes pour financer la transition énergétique et  l’enterrement de la taxe carbone est tout aussi loufoque. Comme les y autorise les contrats de concession, les propriétaires des autoroutes pourront augmenter le tarif des péages et ce sera encore le consommateur qui paiera. Nous ne pouvons plus prendre les automobilistes pour des vaches à lait. Il faut nationaliser les autoroutes en les rachetant au prix de vente de 2006 moins les bénéfices réalisés depuis, comme Nicolas Dupont-Aignan le proposait lors de la présidentielle de 2012. L’Etat stratège que nous défendons, doit savoir se faire respecter et défendre l’intérêt général.

6) Lors de l’année 2015, il y aura de nouvelles échéances électorales. Debout la France sera-t-il présent ? Le parti compte-t-il augmenter ses résultats par rapport aux élections européennes ?

Bien sûr ! Lors des dernières élections européennes, Debout la France a été le seul parti qui a progressé en nombre de voix par rapport aux élections présidentielles. Avec presqu’un million de voix et des centaines de cantons à plus de 5%, nous avons montré que notre message politique est attendu et entendu par les français. Nous allons donc continuer notre travail d’implantation et de défense des français dans tous les départements.

Nous présenterons plus de 500 binômes dans toute la France. Avec un message clair : non à cette réforme territoriale. En voulant substituer l’intercommunalité et la région à la commune et au département, ce gouvernement va éloigner les électeurs de leurs élus et  recréer une féodalité territoriale que nos rois puis la république avaient vaincue. Il va continuer à déposséder les français de leur destin en supprimant de fait la démocratie de proximité, à croire que l’objectif des socialistes est de favoriser l’abstention pour ne pas entendre les messages que les français ont déjà envoyé aux municipales et aux européennes.

Les français ne doivent pas être dupes des manœuvres permanentes – les socialistes ont réussi l’exploit de toucher aux modes ou dates de tous les scrutins intermédiaires, sans parler de la tentative prévue de supprimer l’envoi des professions de foi à tous les français – et doivent sanctionner clairement ce gouvernement tout en choisissant ceux qui portent un beau projet pour leur département et pour la France.