Le surcoût des opérations extérieures met en difficulté le budget de la Défense

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré mercredi que les opérations de l’armée française à l’étranger allaient coûter 605 millions de plus que prévu en 2014, soit un total de 1,055 milliard d’euros.Ces opérations font l’objet d’une dotation budgétaire annuelle de 450 millions d’euros, conformément à la loi de programmation militaire 2014-2019, a-t-il rappelé dans une déclaration écrite diffusée par son ministère ainsi que lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.Mais un certain nombre d’engagements extérieurs, « par nature imprévisibles », sont intervenus depuis la fin 2013, a rappelé M. Le Drian en citant les interventions en Centrafrique et en Irak ou encore la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Certains blogs de Défense, dont Lignes de Défense, décortiquent ces nouvelles budgétaires. S’il y a bien 605 millions d’euros qui vont être pris en charge, de façon mutualisée, par l’ensemble des ministères, il y aura d’un autre côté 560 millions d’euros de crédits qui seront supprimés dans le budget des armées. Ces annulations seront compensées par l’ouverture de deux lignes de crédits avec une première d’un peu moins de 200 millions d’euros pour combler le dérapage de la masse salariale de la Défense et l’autre de 605 millions d’euros pour le surcoût des OPEX. Pour Lignes de Défense:« La suppression des 560 millions d’euros de crédits va malgré tout impacter la Défense et surtout les crédits d’équipement. On va donc de nouveau assister à des reports, lissages etc. » Ce n’est pas nouveau puisqu’en général ce sont les équipements qui sont sacrifiés, au détriment de la sécurité du militaire sur le terrain.

C’est aussi une nouvelle passe d’armes entre Bercy et Brienne puisque Jean-Yves Le Drian a rappelé que les OPEX étaient une implication nationale:« Les OPEX sont un investissement de la nation pour sa sécurité, la défense de ses valeurs et de ses responsabilités dans le monde. Comme le prévoit la loi de programmation militaire (LPM) dans son article 4, la dépense supplémentaire de la France pour sa sécurité et la défense de ses valeurs se voit intégralement compensée par le budget général de l’État. » Bercy, de son côté, a parlé de « dérives budgétaires » de la Défense et voudrait bien encore baisser son budget pour qu’il atteigne 29 milliards au lieu de 31,4 milliards d’euros. Il n’est pas sûr que la promesse de François Hollande de sanctuariser la loi de programmation militaire puisse être tenue.

Il faut rappeler qu’en Centrafrique, la mission européenne (Eufor-RCA) censée aider l’armée française, est composée pour près de la moitié de militaires français. Malgré les promesses d’une guerre courte, le dispositif français est toujours aussi important au Mali. La France a donc une contribution importante en opérations dans deux pays africains et doit pouvoir l’assumer.