Guerre d’Algérie – La vérité sur la torture – « L’honneur d’un capitaine » un film à redécouvrir

« Torture, Torture ! Vous n’avez que ce mot là à la bouche ! »

Cette phrase est l’une des premières du film « L’Honneur d’un capitaine », 7e long métrage de Pierre  Schœndœrffer. Elle annonce immédiatement la couleur du film.

Aujourd’hui, ce qu’on appelle « La Guerre d’Algérie » ne se résumerait qu’à ce mot ; Pendant près de 8 ans (1954-1962), l’armée française, le démon colonialiste qui opprimait les différentes ethnies algériennes  l’aurait pratiquée presque quotidiennement.

Le film retrace, à l’occasion d’un procès, les 18 jours de commandement d’un officier subalterne à la tête d’un bataillon en Algérie au début de l’année 1957.

Si l’histoire s’attarde sur le Capitaine Caron et son unité de combat, le sujet de la torture est bien présent.

Intéressons-nous à la torture en Algérie :

Il serait mensonger et immoral de nier ou défendre ces pratiques. Cependant, il faut se poser 2 questions : dans quel contexte ces pratiques ont-elles eu lieu ? La France est-elle la seule à avoir pratiqué la torture?

La torture :

Contrairement à ce que l’historiquement correct voudrait nous faire croire, les tortures de l’Armée Française n’ont réellement eu lieu qu’en 1957, au cours de la Bataille d’Alger (janvier-octobre 1957). Robert Lacoste délègue tous les pouvoirs civils au Général Massu  afin de pacifier Alger. Le « travail de flic » sera en grande partie effectué par certaines unités de parachutistes coloniaux (RPC) ou de légionnaires. Cette bataille se terminera par un démantèlement complet de la Zone autonome d’Alger  et par l’arrestation ou l’élimination de bon nombre de cadres du FLN. La torture fut utilisée, personne ne le nie. La torture est moralement indéfendable, certes, mais replaçons nous dans le contexte de l’époque : pas une journée ne se passait sans explosion de bombes FLN. Malgré la loi martiale, des cadavres d’européens ou de musulman étaient régulièrement trouvés égorgés dans les caniveaux. Les bombes fauchaient des civils indépendamment de leur âge ou de leur opinion politique.  Nous ne sommes plus en Novembre 1954 ou seules des installations vides étaient symboliquement  visées et où le FLN, suivant les consignes de Krim Belkacem, ne s’attaquait pas aux civils européens. En 1957, les rebelles plaçaient les bombes aveuglément dans des bars européens, dans la Cashbah d’Alger, dans des stades… Face à ce bain de sang, qu’aurait dû faire l’Armée ? Lorsque le temps presse, qu’une bombe doit exploser dans une école, qu’on détient celui qui l’a posée , que faire? Respecter les conventions de Genève en traitement humainement ce prisonnier et faire de lui un bourreau (ou héros selon les convictions) en laissant plusieurs dizaines d’enfants se faire déchiqueter ? N’est-il pas  du devoir de l’Armée de protéger ses concitoyens ?  Les militaires étaient à peine soutenus par Paris ; les communistes français prenaient officiellement parti contre la France par de multiples actions (Affaire de l’Aspirant Maillot). La Grande Muette, meurtrie par l’Indochine encore fumante s’était promis d’en sortir la tête haute, au moins cette fois…

 Il est aisé pour nous, 60 années plus tard de juger ! Ne nous voilons pas la face, tout le monde, au cours de ce conflit était au courant de ces pratiques. Seules certaines unités (d’élite) de l’Armée l’ont pratiquée mais leurs frères d’armes étaient bien contents de laisser les autres faire le « sale boulot » à leur place. Tous les membres des gouvernements successifs savaient à quel prix le FLN se faisait démanteler. La « carte blanche » peut être parfois plus pratique pour le commanditaire que pour l’exécutant. Et surtout ne l’oublions pas, l’Armée pratiquait la torture uniquement en dernier recours.

Début 1958, les résultats sont là, Alger respire enfin et la Xe DP peut, à son grand soulagement, repartir courir dans le Djebel. Le FLN, en lambeaux, se replie dans des maquis ou s’exile en Tunisie. L’Armée sent la victoire à sa portée et l’ombre de l’homme du 18 juin ressurgit.

La guerre sale :

La torture a toujours été associée à la Guerre. De tous temps, les Généraux n’hésitaient pas à sacrifier la dignité voire la vie de certains afin de ne pas mettre en jeu inutilement plusieurs dizaines de milliers de vies humaines. L’Histoire est écrite par les vainqueurs ; il est toujours aisé de passer pour un bienfaiteur quand l’ennemi n’est plus. Les horreurs de la guerre n’auraient été commises que dans un camp ? Transformer des villes allemandes amas de cendres avec des tapis de bombes incendiaires ne serait pas un crime de Guerre ? Egorger et émasculer des fonctionnaires français civils en pleine nuit dans le désert algérien serait plus louable que la torture ? Envahir un pays souverain dans le seul et unique but de piller ses réserves de pétrole serait légitime ? Le sourire du Fellagha n’a pas été inventé par les Talibans, c’est pourtant de cette manière qu’ils mutilaient les corps des soldats de la Coalition depuis 2001. Arrêtons là ces énumérations ; les exemples ne manquent pas. Quels que soient les raisons ou les enjeux de conflits armés, il n’existe pas de guerre propre. Dans les 2 camps, des horreurs sont commises. Non pas qu’il faille faire preuve de résignation et faire avec, mais s’attendre à des horreurs en se lançant dans un conflit armé. La guerre est une chose beaucoup trop sérieuse pour être confiée à des civils !

Pour conclure :

La torture, ont dit certains politiciens, fut la honte de la France en tant que « Nation civilisée ». Ils oublient le nombre de vies humaines épargnées (musulmans et européens confondus). De plus, n’est-ce pas là une forme de racisme primaire vis-à-vis d’autres pays qui la pratiqueraient ouvertement ? N’est-ce pas là considérer certaines grandes puissances mondiales de « non civilisées » ?

 Pour redécouvrir ce chef-d’oeuvre du cinéma français: