Un moment sous Paris! 

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Tombe de Philibert Aspairt

 

Insolite. Peu de Parisiens en sont conscient mais sous Paris existe un véritable labyrinthe de plusieurs centaines de kilomètres de galeries interdites au public et communément appelées les « catacombes ».

Il s’agit en fait d’anciennes carrières qui furent mises à profit à la fin du XVIII° siècle et pendant le XIX° pour y entreposer les restes humains issus de certains cimetières « en trop -plein » car remplis depuis des siècles par des générations successives de parisiens .

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Echelle d’accès

Devant le risque d’effondrement de certains immeubles à cause de ces galeries et pour mieux y remédier, Louis XVI créa le service de l’inspection générale des carrières. Ce service fut chargé de la cartographie et de l’entretien de ces souterrains ainsi que d’une mission de prévention et de sécurité publique, missions qui sont encore de nos jours celles de cette administration qui a traversée les siècles.

Ce fut également Louis XVI qui le premier pris l’initiative de donner à ces carrières une nouvelle utilité en décidant d’y entreposer des restes humains issus de divers cimetières de la capitale.

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Toilettes dans un bunker allemand

Aujourd’hui, même si cela est formellement interdit par un arrêté préfectoral datant de 1955, Il est encore possible d’accéder, à ses risques et périls, à certaines parties de ce réseau de galeries souterraines. Une entreprise ou plutôt une aventure qui peut se révéler aussi bien sportive que passionnante et palpitante.

Le réseau des catacombes a traversé l’histoire, de nombreuses curiosités souterraines en attestent. Depuis les panneaux indicateurs de rues d’un autre âge jusqu’aux bunkers allemands de la seconde guerre mondiale en passant par les abris de la Résistance et diverses salles thématiques, ce ne sont pas les attractions qui manquent à 20 mètres sous le bitume des rues de la plus belle ville du monde.

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Panneau de rue dans les galeries

Mais en dépit de l’ivresse de l’exploration, à chaque descente dans le « royaume des morts », Philibert Aspairt s’impose à la mémoire de tous les « cataphiles ».

En 1793, Philipert était portier du Val de Grâce. Les troubles de la Révolution lui ayant certainement offert une opportunité, il décida de partir à la recherche des liqueurs prétendument cachées dans la cave du couvent des Chartreux. Bien mal lui en a pris car de la cave des chartreux il passa dans le réseau de carrières où il se perdit. On ne retrouva son squelette que plusieurs dizaines d’années après. On l’identifia grâce au trousseau de clefs que l’on trouva à coté de son corps et qui étaient celles du Val de Grâce.

Encore aujourd’hui son histoire alimente les méditations des « cataphiles » et autres « touristes » qui s’aventurent dans ce qui est devenu, bien malgré lui, sa dernière demeure. Au point que certains spécialistes se demandent tout haut dans le silence sépulcral de ces galeries: « Mais que seraient les catacombes sans Philibert? et SI… » Mais chacun sait qu’avec des « si » on mettrait Paris dans une bouteille …