Russie: bientôt la fin du dossier Mistral ? 

Le conseiller du Kremlin pour la coopération technico-militaire, Vladimir Kojine, a confirmé hier ce qu’on pressentait déjà depuis un moment: le contrat de livraison du Mistral sera rompu dans les prochains jours. La Russie et la France ont également convenu des modalités de règlement du contrat ainsi que du calendrier. Selon le quotidien russe Kommersant, Paris remboursera à Moscou 1,2 milliard d’euros pour la résiliation du contrat, soit la totalité de la somme mais sans indemnités. Un compromis a donc été trouvé malgré les difficultés du départ, la France ne voulant pas rembourser la totalité de la somme. Aujourd’hui ni l’Elysée, ni la société chargé des exportations d’armes russes Rosoboronexport, ni les services du vice-Premier ministre Dmitri Rogozine, en pointe sur les questions militaires, n’ont souhaité confirmer à l’AFP les déclarations de M. Kojine et les informations du quotidien Kommersant. Toujours selon le même journal russe, l’accord officiel devrait être annoncé dans « les premiers dix jours d’août » par les chefs d’État russe et français. S’il a lieu, l’accord clorait huit mois d’intenses négociations, menées par le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine et le secrétaire général français pour la défense Louis Gautier. Le flou reste sur l’utilisation des Mistral, qui sont toujours à quai à Saint-Nazaire.

Le premier des deux Mistral, le Vladivostok, devait être initialement remis à Moscou à la mi-novembre 2014, tandis que le second, le Sébastopol, devait théoriquement être livré à la Russie à l’automne 2015. Le contrat de leur vente avait été conclu en juin 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et évalué à près de 1,2 milliard d’euros. Construits à Saint-Nazaire, dans l’ouest de la France, ces navires de guerre polyvalents peuvent transporter des hélicoptères, des chars ou des chalands de débarquement et accueillir un état-major embarqué ou un hôpital.