[Revue de presse] Lueur dans les ténèbres ? Actualités de l’Église 

L’actualité récente de l’Eglise catholique confirme les graves difficultés auxquelles se trouvent confrontées de nombreux fidèles. Même si subsistent quelques lueurs d’espoir.

 Les ténèbres s’épaississent

 Le synode : Notre confrère Guy Rouvrais évoque aujourd’hui en Une du quotidien Présent le document de travail présenté mardi à Rome en vue de la deuxième session du synode en octobre prochain. Notre rédactrice en chef Marie-Madeleine Courtial a développé hier les grands axes de ce document. Si Guy Rouvrais se félicite d’abord, avec Michel Janva du blog Le Salon Beige en date du 23 juin, de l’abandon de toute référence au « mariage » homosexuel, il s’étonne du tapage provoqué pour un tel résultat.

Il s’indigne ensuite des mesures proposées pour l’accès à la communion des divorcés remariés. Ces mesures sont certes restrictives, elles devraient concerner des personnes au cas par cas, mais Guy Rouvrais a raison de souligner la gravité de l’abandon de fait du principe. C’est ainsi en effet que les innovations révolutionnaires se réalisent : le principe et la règle demeurent officiellement admis, mais des exceptions sont tolérées et encadrées sous couvert d’une fausse conception de la miséricorde, et les exceptions finissent immanquablement par devenir la règle. Il ne reste plus alors qu’à enterrer un principe devenu désuet.

 Le Jubilé de la Miséricorde : A propos de miséricorde, le pape avait publié le 11 avril dernier une Bulle annonçant un Jubilé extraordinaire de la Miséricorde qui doit coïncider avec l’anniversaire de la conclusion du concile Vatican II et débuter peu après la fin du synode. Or l’abbé Bouchacourt, supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pie X a rendu public le 23 juin une « Brève appréciation » de cette Bulle.

Il y relève trois contradictions graves entre la vraie miséricorde prêchée par le Christ et la miséricorde définie par le pape François : la coïncidence voulue avec un concile Vatican II « qui a consacré dans la sainte Eglise le triomphe du libéralisme et du modernisme » ; une fausse conception de la dignité de l’Homme, sans lien avec la morale ; et l’indifférentisme religieux opposé à la première des miséricordes, celle d’annoncer la vraie Foi. Enfin l’abbé Bouchacourt craint que l’ouverture de ce Jubilé peu après le synode ne « serve de caution aux décisions qui auront été prises lors de cette assemblée ». Une analyse profonde, courageuse et éclairante.

 Ordinations sacerdotales : On ne sera pas surpris dans ce contexte d’apprendre sur le site Paix liturgique (lettre 497 du 23 juin) les chiffres des ordinations sacerdotales en France cette année. Une année catastrophique pour les diocèses français, puisque 68 prêtres seulement seront ordonnés, auxquels il faut ajouter 13 prêtres pour les instituts Ecclesia Dei. La FSSPX ordonnera quant à elle 7 prêtres français le 29 juin prochain à Ecône. Paix liturgique note que la proportion totale des prêtres ordonnés pour le rite traditionnel (dit « extraordinaire ») atteint 20%.

Une véritable première qui atteste aussi bien de l’effondrement des vocations depuis cinquante ans dans l’Église « officielle » que de la persistance de ces mêmes vocations dans la Tradition catholique, liée ou non juridiquement à Rome.

 Une lueur d’espoir ?

 Cette persistance des vocations dans la Tradition catholique n’est pas la seule lueur d’espoir dans ces ténèbres qui s’épaississent pour l’Église. Il faut aussi noter le nombre de plus en plus grand des publications qui remettent en cause les assertions du progressisme le plus virulent. Ces publications n’ont certes jamais manquées, mais elles étaient confinées au milieu étroit et pestiféré de la Tradition, spécialement de la FSSPX.

Or après Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana et auteur en juin 2014 aux éditions Contretemps d’un livre remarqué au titre éclairant, Corpus Christi, la communion dans la main au cœur de la crise de l’Église, après le professeur italien bien connu Roberto de Mattei, auteur en avril dernier chez nos amis de Chiré d’une Apologie de la Tradition qui s’attache à remettre en cause l’hégémonie du concile Vatican II en pointant ses « limites » et ses « conséquences négatives », voici qu’on annonce la parution aux éditions Dominique Martin Morin en juillet prochain d’un livre du père Paul Cocard, de la Communauté de Saint-Jean, intitulé La Communion sur la langue, une pratique qui s’impose !.

Le résumé de cet ouvrage, consultable sur le site de DMM est des plus alléchants : une analyse du processus par lequel cette pratique officiellement rejetée, après avoir été tolérée, est devenue la norme (cf. ce que nous disions plus haut à propos de la communion pour les divorcés remariés), et une analyse des conséquences tragiques de cette évolution sur la Foi des fidèles dans l’Eucharistie.

Or le père Cocard n’est ni un pestiféré d’ « extrême droite » ni un dangereux « intégriste », mais un religieux reconnu, ancien du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux ! Où l’on voit que les lignes bougent, même si ce mouvement est timide, et en dépit ou peut-être à cause des orientations de plus en plus libérales du Vatican. Une lueur d’espoir dans des ténèbres plus épaisses que jamais ?