Réfugiés: des pays européens rétablissent des contrôles à leurs frontières 

Dimanche soir, le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, a annoncé la suspension provisoire des accords de Schengen avec la réintroduction provisoire des contrôles aux frontières avec l’Autriche, par où arrivent des dizaines de milliers de réfugiés. 2 100 policiers fédéraux anti-émeute ont été envoyés en renfort en Bavière dans le sud de l’Allemagne, afin de sécuriser la frontière germano-autrichienne. Tous les policiers fédéraux ont été placés en état d’alerte. Dans la nuit, la police allemande a arrêté les premières voitures pour effectuer des contrôles. Dans la foulée de cette , le ministre tchèque de l’Intérieur a annoncé que la République tchèque allait elle aussi renforcer les contrôles à sa frontière avec l’Autriche. La Slovaquie a suivi le pas.

Lundi matin, c’est ministre de l’Intérieur de l’Autriche, Johanna Mikl-Leitner, qui a annoncé que son pays allait rétablir des contrôles à leurs frontières. « Nous allons procéder comme l’Allemagne, à savoir que les contrôles provisoires aux frontières sont autorisés dans le cadre de Schengen et que nous allons donc les introduire », a-t-elle déclaré. Budapest a par ailleurs décidé de déployer des militaires à sa frontière avec la Hongrie, où le flux de migrants a pris des proportions sans précédent à la veille de la mise en œuvre de nouvelles dispositions anti-migrants par Budapest.

La Pologne est prête à renforcer ses contrôles frontaliers pour faire face à d’éventuelles menaces, a annoncé lundi le Premier ministre polonais Ewa Kopacz. La Pologne n’acceptera aucun quota obligatoire d’accueil de réfugiés, a déclaré Mme Kopacz lors d’une conversation téléphonique avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Parmi les arguments cités par Mme Kopacz figure le fait que Varsovie n’a aucune tradition en matière de quotas d’accueil de réfugiés et que la Pologne n’a pas à se soumettre à des pressions venant de l’Union européenne (UE). De plus, elle a réclamé le renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’UE.

De son côté, François Hollande s’est déclaré favorable à la création de centres de traitement des flux migratoires dans plusieurs des pays frontaliers de l’espace Schengen. «L’Allemagne, comme la France, demande que l’Europe puisse avoir sur ses frontières un contrôle. C’est la condition pour laquelle les réfugiés puissent êtres accueillis dignement et de manière maîtrisé», a-t-il déclaré.