Questions sans réponses un an après l’enlèvement de 276 fillettes au Nigeria 

 nigeriaLe 14 avril dernier était le premier anniversaire de l’enlèvement de 276 élèves d’une école au Nigeria par le groupe terroriste Boko Haram et le sort de plus de 200 d’entre elles reste inconnu, la communauté internationale fermant les yeux sur les atrocités qui se déroulent sur le continent le plus pauvre du monde. Le gouvernement du pays a commencé à réagir seulement après l’enlèvement des jeunes filles du village de Chibok et a déclenché une campagne sur les réseaux sociaux sous le slogan #BringBackOurGirls  (Rendez-nous nos filles). En mai dernier, le chef des forces armées de ce pays d’Afrique disait qu’il connaissait le lieu de détention des fillettes enlevées, mais un an est passé sans que de nouvelles informations soient communiquées. Le sort des filles enlevés génère toutes sortes d’informations.

Certains disent que les élèves ont été forcées de se marier aux membres du groupe. D’autres suggèrent que Boko Haram les utilise comme kamikazes. Selon les derniers rapports, des jeunes filles ont été vues accompagnées par des hommes armés à la frontière du Nigeria et du Cameroun. Ces derniers mois, les politiciens locaux étaient concentrés sur leur campagne pour les élections présidentielles de mars. Certains Nigérians croient, qu’avec l’arrivée du nouveau président, Muhammadu Buhari, plus d’attention sera donnée à la recherche et au sauvetage des victimes. Cependant, les enlèvements continuent et les forces armées ont du mal à récupérer les vastes territoires actuellement contrôlés par Boko Haram dans le nord du Nigeria. Dans un nouveau rapport publié par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, l’enlèvement des 276 étudiants au Nigeria est qualifié comme «l’un des épisodes les plus troublants de 2014″ et décompte 19 pays, dont le Nigeria, où la violence sexuelle contre des civils est devenue un mode de vie. « Les mariages forcés, l’esclavage et la vente des femmes et des filles enlevées sont au cœur du modus operandi et de l’idéologie de la secte Boko Haram», dit le rapport.

Environ 2000 femmes et jeunes filles ont été enlevées par Boko Haram depuis le début de 2014. Quelques 800 000 enfants ont été forcés de fuir leurs maisons en raison du conflit dans le nord du Nigeria et à l’augmentation des attaques du groupe islamiste Boko Haram. L’ Unicef ​​dénonce dans le rapport «Enfances perdues ‘ rendu public lundi, les actions de Boko Haram qui ont fait doubler le nombre d’enfants déplacés en moins d’un an. Des milliers d’entre eux fuient dans le pays même ou vers les pays voisins: Tchad, Niger et Cameroun. « L’enlèvement de plus de 200 filles n’est qu’une des innombrables tragédies qui se produisent au Nigeria et dans la région », a averti le directeur de l’UNICEF pour l’Afrique centrale et occidentale, Manuel Fontaine. « Un grand nombre d’enfants ont disparu au Nigeria, parce qu’ils ont été enlevés, agressés, utilisés comme armes, recrutés par des groupes armés ou ont fui», a déclaré Fontaine qui a affirmé: « Ces enfants ont le droit de récupérer leur enfance. »

Des enfants dès 4 ans ont été enlevés et utilisés par des groupes armés pour aider aux cuisines alors que les filles ou les jeunes femmes étaient forcées au travail, de se marier ou utilisées comme esclaves sexuels. Le cas d’une femme qui a dû fuir sa maison avec ses neuf enfants après une attaque de Boko Haram perpétrée dans la ville est un des exemples mis en évidence. Elle explique que le groupe a commencé à tuer les hommes du village, y compris son mari. Son fils, âgé de deux ans, est mort à cause su stress alors que la famille se cachait dans une zone de brousse et la forêt. Dans un autre cas, un enfant a été utilisé comme un kamikaze en portant des explosifs sur la poitrine. L’UNICEF demande un financement d’urgence pour fournir une aide humanitaire aux enfants victimes de conflits. Selon l’agence, des 26.5 millions de dollars demandés à la communauté internationale pour couvrir l’aide humanitaire au Nigeria cette année, seulement 15% ont été reçus. Les fonds pour le Cameroun sont couverts à 17%, 2% dans le cas du Niger et 1% pour l’assistance au Tchad.