Polémique Willy Sagnol : si symptomatique de notre société ! 

willy sagnolLe malheureux nouvel entraîneur girondin Willy Sagnol ne s’attendait sûrement pas à un tel déchaînement médiatique suite à son face-à-face avec des lecteurs du Sud-Ouest. Mots sortis de leur contexte et tournés dans tous les sens pour y voir absolument du racisme, les adeptes de la LICRA n’en demandaient pas autant pour jouer la position victimaire qui leur convient si bien. Une fois de plus, ils pourront dire que le foot est raciste et qu’on ne luttera jamais assez contre. C’est pour ça qu’on a eû droit à un message de tolérance récité bien docilement par les capitaines d’équipe avant des matchs du mondial et qu’à chaque match de coupe d’Europe les capitaines ont un fanion « say no to racism » en plus du fanion traditionnel. Notion vague où personne ne sait plus en quoi cela consiste vraiment mais qui encore une fois, répétons-le, est là pour sauver les apparences et pour se plier à la doxa contemporaine.

Il serait d’abord judicieux de reprendre les propos de Willy Sagnol dans le contexte de l’interview qu’il a donné car beaucoup semblent n’avoir retenu qu’une bride de phrases, tout en faisant preuve de méconnaissance du milieu (ndlr : même Bruno Roger-Petit a pris sa défense, c’est dire). L’entraîneur bordelais a eû pour seul tort d’être maladroit dans ses propos et de croire que le politique ne pouvait pas s’immiscer dans le sport. Ces propos sont partis d’un constat que font tous les entraîneurs de France : la CAN est pénalisante puisqu’elle a lieu en plein milieu de saison, du coup on fait attention à ne pas avoir trop de joueurs de pays africains pour ne pas déstabiliser tout un effectif. Par la suite, le journaliste l’a poussé un peu sur le sujet et c’est là que les propos polémiques sont sortis : « l’avantage du joueur typique africain, c’est un joueur pas cher quand on le prend, prêt au combat généralement, qu’on peut qualifier de puissant sur un terrain. Mais le foot ce n’est pas que ça. Le foot c’est aussi de la technique, de l’intelligence, de la discipline…Il faut de tout. Des Nordiques aussi, c’est bien les Nordiques, ils ont une bonne mentalité. C’est un mélange, une équipe de foot, c’est comme la vie, c’est comme la France, c’est un mélange. On a des défenseurs, des attaquants, des milieux, des rapides, des grands, des petits, des techniques. » Insuffisant !

En France, tout tourne autour de ce passé colonial comme si on ne le digérait toujours pas. En 1998, on a mis en avant la France black blanc beur, se vantant de l’apport de la diversité, avant de le cacher en 2010. On pourrait croire que ses promoteurs ne savent plus sur quel pied danser. Qualités particulières ou pas ? Aucune de ses personnes ne répondra. Le sujet semble toujours aussi passionné, comme si on ne pouvait jamais parler de l’Afrique sans que cela crée de la polémique, le tout toujours dans une posture victimaire ou de revanche. Il n’est pas rare dans le milieu du foot de donner des caractéristiques aux équipes de certains continents. Cela n’a jamais choqué personne car rien de raciste à cela. C’est peut-être sans doute un peu vite caricatural mais cela permet de donner une vision générale. C’est plus simple pour tout le monde. Mais en France, certains « censeurs » ne manquent pas une occasion de montrer leur pouvoir comme la LICRA. Le continent africain est intouchable. Le PS a déjà demandé des sanctions à la FFF. Le parti aurait mieux fait de d’abord s’informer avant de faire de telle déclaration car le championnat français n’est pas de la compétence de la fédération française mais plutôt de la LFP. Il est d’ailleurs le seul parti à avoir réagi officiellement, révélateur ?

Certains spécialistes sportifs vous diront que même entre pays africains, on ne fait pas dans la dentelle pour se donner des qualificatifs mais eux ont le droit. Le blanc doit se taire. Le fait de dire que Willy Sagnol n’est pas raciste mais confine au racisme est tout aussi symptomatique de l’ambiance de notre société comme si les gens, qui balançaient des insultes au stade, avaient besoin de ça pour le faire. En revanche l’instrumentaliser à des fins politiques fait bien plus que si on s’était tu. Il suffit de voir la passion que la polémique a déchaîné dans des milieux pourtant peu enclins à commenter l’actualité du football. On a dépassé le cadre du sportif, comme bien trop souvent !