Opération Sentinelle: l’armée de terre fournit en très large majorité les effectifs

Le député LR François Cornut-Gentille a obtenu après une question écrite les chiffres de l’opération Sentinelle sur le détail des effectifs mobilisés au sein de l’armée française. Depuis les attentats du mois de janvier, les effectifs de l’armée de terre mobilisés dans le plan vigipirate puis opération Sentinelle sont passés de 899 hommes à 10.251 hommes alors que l’armée de l’air est passé seulement de 111 à 122. La marine fait aussi un petit effort en passant de zéro homme à 27. Le plus grand effort est donc demandé à l’armée de terre, ce qui est en soi normal puisqu’elle a les plus gros effectifs.

Le député a fait la comparaison de ces chiffres avec ceux de l’actualisation de la loi de programmation militaire et il estime que les efforts auraient dû se porter prioritairement sur l’armée de terre: « Pour tenir compte de ce nouveau contrat opérationnel (opération Sentinelle), le Président de la république annonça un ralentissement de la déflation des effectifs dont l’actualisation de la loi de programmation militaire fut la traduction. Cette moindre décrue des personnels donna lieu à une bataille de chiffonniers entre armées, entre services  pour savoir qui va être bénéficiaire. La cuisine interne du ministère de la défense, validée par les états-majors et le ministre, s’occupa d’arbitrer à partir de critères obscurs, perdant le lien initial entre efforts nouveaux liés à l’opération Sentinelle et moindre déflation (…) en respectant la logique initiale, seule l’armée de terre aurait dû bénéficier de la moindre déflation des effectifs pour remplir le nouveau contrat opérationnel. Rien d’étonnant au regard des capacités et moyens humains dont disposent les forces terrestres par rapport aux autres armées pour accomplir ce type de mission. Mais les calculs des ressources humaines n’ont pas tenu compte de cette réalité. Manifestement, le lobbying des autres forces et services a été plus fort que la logique. »

Après les attentats du mois de janvier, le président de la République a décidé de réduire de 7.500 les déflations d’effectifs prévues pour le ministère de la Défense sur la période de 2015 à 2019. Au total, 25.800 postes devaient être supprimés, entre 2015 et 2019, dans le cadre de la loi de programmation militaire. Dans le détail, 7.500 devaient être supprimés dès 2015, 7.500 en 2016, 7.300 en 2017 et 3.500 en 2018. Cette baisse d’effectifs passe donc de 25.800 à 18.300 sur quatre ans. Pour la seule année 2015, la réduction sera de 6.000 hommes au lieu de 7.500. Au total, les dégraissages seront donc inférieurs de 30% à ce qui était initialement prévu. Avec la révision de la loi de programmation militaire, les effectifs de la force opérationnelle de l’armée de Terre – les unités de combat – ont été renforcés de 66.000 à 77.000 hommes.

L’armée française comptait 278.000 personnels civils et militaires fin 2013. Quelque 54.000 postes ont déjà été supprimés dans le cadre de la LPM précédente (2008-2014).