L’évêque d’Alep estime que la destruction de l’Arc de Palmyre est un acte de propagande

monseigneur audoMgr. Audo, évêque d’Alep, estime que la destruction de l’Arc de Palmyre par l’Armée islamique est un « acte de propagande contre l’Europe et les États-Unis, destiné à montrer leur force. » L’Occident est sourd à la souffrance de la population et la situation devient de plus en plus dramatique. « Il ne s’agit pas d’un message interne à la Syrie, mais d’un avertissement à la communauté internationale, notamment aux États-Unis et à l’Europe, parce qu’ils sont les plus attentifs aux biens et aux découvertes archéologiques », dit Mgr. Antoine Audo, archevêque chaldéen d’Alep, en commentant la destruction menée par l’État islamique de l’arc de triomphe de Palmyre, travail de l’époque romaine, datant de presque 2.000 ans. Le prélat a expliqué que «par ces gestes, les militants veulent démontrer à l’étranger ce qui est leur force, leur violence, l’emprise qu’ils ont sur le monde arabe et musulman. C’est un acte de grande propagande médiatique . » Le directeur général de l’UNESCO, Irina Bokova, parle de «crimes de guerre» et sollicite l’aide de la communauté internationale contre ce mouvement criminel qui « prive le peuple syrien de la possibilité de la connaissance de son histoire et de son identité « .

Fin août, les miliciens – qui voient dans les temples et les statues des objets «païens» – diffusaient sur le web cinq photographies montrant des combattants placer des explosifs à l’intérieur du temple de Baal Shamin et des murs adjacents. L’État islamique, qui a conquis de grandes portions de territoire en Syrie et en Irak, en mai dernier, a arraché aux forces loyales à Bachar al-Assad, la ville de Palmyre. Outre la destruction des temples et des pièces archéologiques, il a décapité dans une exécution publique, le directeur du site, Khaled al Assad, qui avait refusé de divulguer l’endroit où étaient caché une grande partie des pièces. L’archevêque chaldéen d’Alep parle d’une «situation dramatique», qui tend à s’aggraver de plus en plus. « Les gens sont devenus pauvres, sont malades et n’ont pas d’argent pour acheter de la nourriture. Tout est cher. » Pendant ce temps, les militants continuent la «diffusion de leur message, ils veulent faire comprendre qu’ils sont puissants et ont les moyens de générer de la peur. L’Occident est également en danger face à ces groupes extrémistes « .

L’escalade de la violence et de la terreur complique encore plus la situation, déjà fragile, de la communauté chrétienne, qui a enregistré un exode des familles et des jeunes gens qui ne semble pas se terminer. « L’Église travaille à garder cette présence chrétienne vivante et active au Moyen-Orient et en Syrie – continue le prélat – comme un signe de la pluralité et de la dignité. Cependant, il semble que l’Occident ne fasse pas attention à cet aspect; la disparition des chrétiens serait une perte non seulement pour les Églises orientales, mais aussi pour l’Islam lui-même; sans cette présence, il restera seulement un espace pour la violence pure et simple, une violence qui en partie est recherchée pour pouvoir continuer à détruire « . L’Église syrienne, conclut Mgr Audo, cherche, autant que possible, « à donner un avenir aux familles et aux jeunes, en leur offrant l’éducation, la nourriture, les soins médicaux et un soutien psychologique ; mais il n’y a pas de paix sans une solution politique et la guerre et la violence seront destinées à continuer. « 

Depuis mars 2011, le début des combats entre le gouvernement Assad et la coalition de l’opposition multiforme, plus de 240.000 personnes ont été tuées. Les personnes déplacées, selon les données fournies par les Nations Unies, sont près de 10 millions. Au moins 4 millions d’entre eux ont choisi de fuir vers les pays voisins – Turquie, Liban, Jordanie et Irak – alors que 150.000 autres ont demandé asile dans l’Union européenne. 6,5 millions sont déplacés à l’intérieur du pays, à savoir des gens qui ont tout abandonné mais qui ont choisi de rester dans le pays.