L’Etat Islamique progresse en Libye et menace l’Europe

Le groupe djihadiste Etat islamique gagne du terrain en Libye, a averti jeudi un haut responsable libyen qui demande à la communauté internationale de tenir compte de cette menace croissante. «L’EI se développe en Libye, de manière exponentielle, l’EI commet des atrocités chaque jour», a déclaré Aref Ali Nayed, ambassadeur libyen aux Emirats arabes unis et conseiller du Premier ministre libyen Abdullah al-Thani. «Il n’est pas possible de combattre l’EI en Irak sans tenir compte aussi de la composante libyenne», a-t-il estimé.

M. Nayed estime que l’EI est actif dans sept villes de Libye et a mené des attaques dans une douzaine d’endroits dans le pays. Il met aussi en garde contre un afflux en Libye de combattants étrangers recrutés par l’EI et venus du Yémen, de Tunisie, d’Algérie et de Tchétchénie. Il affirme aussi que la Libye pourrait servir de base de départ à des attentats en Europe qui «se trouve à une heure de vol seulement». «Il n’y a pas de stratégie globale contre l’EI» alors que le groupe djihadiste «est une menace existentielle pour mon pays» Pour lui, les frappes aériennes en Irak ne sont pas suffisantes pour mettre en danger l’Etat Islamique qui menace désormais tout le Moyen-Orient et le Maghreb.

L’Algérie se refuse à toute solution armée dans ce pays. Peu de pays occidentaux se sont prononcés dessus. La France est déjà présente sur de nombreux théâtres d’opérations. Selon Afrique Inside, cette éventualité serait de plus en plus envisagée par les USA qui ont déjà renforcé notamment financièrement leur lutte contre l’Etat Islamique. Barack Obama chercherait à préparer l’opinion publique à une éventuelle intervention armée en Libye dans les prochains mois.

De son côté, l’UE va débloquer un milliard d’euros supplémentaires sur deux ans pour faire face aux crises en Syrie et en Irak, ainsi qu’à « la menace » posée par l’Etat Islamique. Ces fonds doivent permettre de financer une « stratégie globale » faite de « mesures politiques, sociales et humanitaires ciblant la Syrie et l’Irak, mais aussi le Liban, la Jordanie et la Turquie », a expliqué la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini.