Les terroristes de l’État islamiques ont tué 30 chrétiens éthiopiens en Libye

Le groupe terroriste Etat islamique (ISIS) a décapité à nouveau 30 chrétiens en Libye. Une nouvelle vidéo de 29 minutes que les fondamentalistes musulmans ont posté en ligne présente ce nouveau massacre, bien que les autorités du pays n’aient pas encore officiellement commenté l’authenticité de la vidéo. Les victimes sont des chrétiens éthiopiens, la moitié d’entre eux ont été exécutés à mort par un tir de balle, l’autre moitié a été décapitée sur une plage. Les bourreaux sont intégralement vêtus de treillis militaires et silencieux. La vidéo s’intitule Clairvoyance et s’adresse à la communauté chrétienne. Elle l’informe que les exécutions ont été menées par deux factions de ISIS en Libye, Wilayat Barca et Wilayat Fezzan (régions libyennes des provinces de Cyrénaïque et du Fezzan). La mise en scène est similaire à celle utilisée par les terroristes dans d’autres vidéos. L’enregistrement accuse les chrétiens d’être en croisade avec comme objectif de tuer les musulmans. L’orateur, qui brandit un pistolet, menace les chrétiens s’ils ne convertissent pas à l’islam. La vidéo montre également des hommes présentés comme des chrétiens de Syrie expliquer que les jihadistes leur ont donné le choix de se convertir à l’islam ou de payer, et qu’ils ont choisi de donner de l’argent.

Le 15 février dernier, les djihadistes avaient publié une vidéo montrant l’exécution de 21 chrétiens coptes d’Égypte.

C’est la première fois que l’EI cible dans une vidéo des ressortissants de l’Éthiopie, un pays situé au sud-est de la Libye et séparé par le Soudan. Environ deux-tiers des Éthiopiens sont chrétiens, la majorité d’entre eux étant des coptes orthodoxes. De nombreux Ethiopiens ont quitté leur pays pour aller chercher du travail, notamment en Libye, où la main d’oeuvre étrangère était nombreuse avant que le pays ne tombe dans le chaos à la suite de la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

A Addis Abeba, l’Ethiopie a « condamné fermement de telles atrocités, qu’elles concernent des Éthiopiens ou d’autres » nationalités, a déclaré à l’AFP le ministre de la Communication, Redwan Hussein. L’ambassade d’Éthiopie en Egypte tentait d’obtenir la confirmation de la nationalité éthiopienne des victimes, a-t-il ajouté.

La Maison Blanche a condamné l’exécution « dans les termes les plus forts », la qualifiant dans un communiqué de « massacre brutal », et appelant urgemment à un « règlement politique du conflit » en Libye.