Les forces irakiennes assiègent Tikrit, ville tenue par l’EI

Les forces de sécurité irakiennes ont poursuivi jeudi leur offensive visant à libérer Tikrit, la capitale de la province de Salaheddine, de l’emprise de l’Etat islamique (EI), et les troupes continuent de progresser avec précaution dans les rues minées de la ville. Après deux jours de violents affrontements, les troupes irakiennes et les milices chiites et sunnites soutenues par le gouvernement ont gagné du terrain en s’emparant de certaines parties de la ville, laquelle est située à environ 170 km au nord de la capitale irakienne Bagdad. Les troupes, appuyées par des dizaines de tanks, de véhicules blindés, de pièces d’artillerie lourde et d’avions, ont avancé lentement et avec précaution, tout en livrant d’intenses combats contre les militants extrémistes, notamment contre de nombreux tireurs embusqués de l’EI, tandis qu’ils leur fallait procéder au désamorçage de centaines d’engins explosifs dans les rues et les maisons.

Par ailleurs, le ministre irakien de la Défense Khaled al-Obeidi a indiqué à la presse près de Tikrit que les forces irakiennes et les milices alliées, appelées Hachid al-Chaabi, ou Mobilisation populaire, approchaient ce jeudi de la deuxième phase du plan de libération de Tikrit, « qui sera décisive pour libérer la ville des militants de l’EI. » Toutefois, le ministre n’a pas précisé quand serait lancée la prochaine phase de la bataille car les chefs des forces de sécurité veulent éviter qu’il n’y ait des victimes. La première phase de la bataille de Tikrit a pour objectif de détruire les principales fortifications défensives des militants de l’EI et de s’emparer de positions dans la ville qui pourront ensuite servir de bases pour le lancement d’actions ultérieures, a expliqué le ministre.

Par ailleurs, tôt jeudi, les partisans de l’EI ont fait sauter un pont stratégique sur le Tigre qui reliait la province de Salaheddine à la province voisine de Kirkouk. Les combattants de l’EI ont fait exploser ce pont de 500 mètres de long alors que les forces irakiennes se rapprochaient de la rive orientale du Tigre, dans le but de couper l’accès à la route principale côté ouest qui relie la province de Salaheddine à la ville de Mossoul, un bastion vital pour l’EI situé plus au nord.

Après 11 jours d’offensive, les militaires irakiens affirmaient jeudi que la reprise prochaine de Tikrit ne faisait guère de doute. « Le temps est de notre côté, nous avons l’initiative » et « nous commençons à appliquer la deuxième phase de notre plan », a encore expliqué le ministre de la Défense, Khaled al-Obeidi en déplacement dans la province de Salaheddine, dont Tikrit est la capitale. Le commandant des Unités, Hadi al-Ameri, a affirmé qu’il n’y avait plus d’issue pour les quelques centaines de jihadistes terrés dans le centre-ville. Ils « ont deux choix: se rendre ou mourir », a-t-il prévenu. « Nous n’avons pas besoin d’attaquer, cela pourrait faire des victimes dans les rangs de nos combattants », a-t-il ajouté. Aucun bilan de victimes depuis le début de l’offensive contre Tikrit n’était disponible, mais plusieurs dizaines de corps sont acheminés quasi quotidiennement à Bagdad et dans la ville sainte chiite de Najaf.  L’incertitude demeure en outre sur le nombre de civils présents dans la ville.