Le gouvernement annonce un plan d’actions en faveur des harkis 

photo Jacques Robert

photo Jacques Robert

A l’occasion de la journée d’hommage aux harkis, qui se déroulait hier comme chaque année, le premier ministre Manuel Valls a annoncé au côté du secrétaire d’État aux  Anciens combattants et de la Mémoire, Kader Arif  un plan d’action en faveur des harkis.

Il comprend deux volets, l’un de reconnaissance et l’autre de réparation, avec des mesures qui seront applicables dès le 1er janvier 2015. Le gouvernement français s’engage à faire connaître l’histoire des harkis au travers d’actions éducatives et  culturelles mais aussi à créer un lieu de mémoire et de recueillement au mémorial de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie, quai Branly à Paris. Mais le plan va encore plus loin puisque la France voudrait transformer en lieux de mémoire les anciens hameaux de forestage qui accueillirent plus de 10 000 harkis, conjoints et enfants de harkis après 1962  ainsi qu’identifier les lieux d’inhumation spécifiques des harkis et de leurs enfants morts à l’intérieur des camps et enterrés de manière anonyme.

Le plan au titre de réparation est plus complexe mais le gouvernement français voudrait créer des comités régionaux de concertation avec des représentants associatifs harkis et leurs proches pour simplifier le dialogue avec l’administration avec notamment une meilleure information sur l’accès au logement social. La France s’engage aussi à promouvoir le dispositif des emplois réservés pour les enfants de harkis auprès des trois fonctions publiques.

Manuel Valls et Kader Arif ont par la même occasion dévoilé une stèle en hommage aux harkis au mémorial de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie à Paris.

Rappelons que François Hollande avait fait plusieurs promesses aux harkis pendant sa campagne électorale pour les présidentielles. Il les avait tenues en partie puisqu’il avait reconnu la responsabilité de la France dans l’abandon des harkis. C’est seulement le 4 juillet dernier que François Hollande a demandé à Kader Arif d’élaborer un plan d’action en faveur des harkis, un plan qui devrait selon toute vraisemblance voir le jour.

Il n’en reste pas moins que des associations de harkis et de pieds-noirs ont fait part de leur mécontentement. François Hollande leur avait promis de présider la cérémonie d’hommage et d’y reconnaitre la faute et la responsabilité de la France et le président de la République n’était pas présent. De plus la cérémonie ne s’est pas déroulée dans la cour des Invalides. Selon ces mêmes associations, plusieurs centaines de harkis, pieds-noirs et anciens combattants ont été rayé de la liste des invités pour la cérémonie officielle pour la première fois depuis quatorze ans. De son côté, Boaza Gasmi, président du Comité national de liaison des harkis, a dénoncé un plan « minable » qui est « une insulte à la communauté harkie » et a demandé à sa place des « réparations financières définitives ». La réconciliation totale entre le gouvernement français et les harkis n’est pas pour demain !