Le FN au plus haut dans le Doubs 

L’élection législative dans le Doubs de ce dimanche était très attendue et la région est l’objet d’une grande médiatisation avec la présence de nombreux journalistes de grands médias nationaux. Les enjeux ont sans doute obligé les partis à présenter des candidats pas toujours adaptés à la situation. D’ailleurs les critiques de l’opposition ont ciblé la candidate du FN Sophie Montel qu’elle a qualifié de « parachutée » alors qu’elle habite plutôt à Saint-Vit. Sophie Montel, une des figures du FN dans la région, a été de toutes les élections en Franche-Comté où le FN peut gagner un siège. On la retrouve candidate aux municipales à Besançon en 2001 puis à Montbéliard en 2014. Elle réalise cependant un score élevé avec 32,6%.

Mais la candidature la plus maladroite aura été du côté de l’UMP, qui avait pourtant fait le choix d’un candidat local le maire de Fesches-le-Chatel. Il n’aura jamais eu la stature et le charisme suffisant pour profiter d’un PS en perte de vitesse. Sa sortie sur « les bons petits blonds qui l’emmerdent » lui aura sans aucun doute coûté des voix qui le privent d’un second tour même si on peut difficilement le prouver. Si c’est la victoire du FN, c’est avant tout la défaite de l’UMP car dans le contexte actuel, même avec une campagne minimum, le FN aurait fait un score. En revanche, l’UMP est désormais placée en arrière-plan à droite et doit choisir entre soutenir le PS et ne pas prendre position. L’écart entre les deux est quand même de 6% dans une circonscription où la droite a toujours eu du mal à s’imposer depuis ses 30 dernières années. Le FN fait de plus en plus jeu égal avec l’UMP même dans des endroits qui sont loin de lui être favorables.

Le PS s’en sort plutôt bien malgré un contexte qui lui est plutôt défavorable. On peut penser que Moscovici a laissé une bonne image mais aussi que la venue de Manuel Valls aura réussi à remobiliser les électeurs socialistes. Il ne faut pas oublier la formidable opération de communication du gouvernement suite aux attentats à Paris avec le fameux esprit du 11 janvier. Entre 2012 et 2014, le PS aura quand même perdu presque 12%. Pour dimanche prochain, tout dépendra de l’attitude des électeurs de droite. N’oublions pas que l’enjeu reste quand même la fin de la majorité absolue du PS à l’Assemblée Nationale. Il n’en reste pas moins que le choix sera cornélien. Il faudra choisir entre abandonner l’idée d’une fin de la majorité absolue socialiste ou bien accepter un troisième député frontiste. Le choix est loin d’être facile !

L’entre deux-tours sera donc déterminant notamment avec la position officielle de l’UMP qui se dirigerait vers un « ni-ni ». Seuls certains cadres comme Nathalie Kosciusko-Morizet continuent de suivre le Front Républicain mais ils sont loin d’être majoritaires et suivis sur cette question. Bernard Cazeneuve viendra soutenir Frédéric Barbier. De son côté, Sophie Montel pourra compter sur le soutien de Florian Philippot et de David Rachline. Le résultat de dimanche prochain pourrait être serré car les électeurs UMP hésitent de moins en moins à voter FN.

Notons le score honorable du Parti de la France avec Alde Vinci qui fait 1,23%. Le Front de Gauche ne profite pas de la situation avec 3,66%. EELV fait 3,11%. De son côté Yannick Hervé, le candidat UPR, frôle le 1% et il atteint donc son objectif, comme il nous l’avait confié, en améliorant son score des Européennes.