Le Coq Sportif ou le retour d’un fleuron de l’industrie et du sport français 

coq sportif usine

équipe de france 1958Avant l’arrivée des équipementiers Adidas, Nike ou bien encore Puma, il y avait le Cop Sportif, une marque qui dominait le sport français. Le nom et l’emblème de cette marque font un peu partie du paysage romantique du football français, rappelant un temps désormais révolu que certains regrettent. Il est sans doute plus difficile pour les jeunes générations de se faire une idée de ce qu’a représenté et représente encore aujourd’hui le Coq Sportif sauf pour celles à qui on a transmis une histoire et un héritage fortement ancrés. Malgré un creux, l’histoire du Coq Sportif ne s’est jamais arrêtée. Il y a quelques jours, à grand coup de communication, le club de foot de Saint-Étienne et le Coq Sportif présentait leur nouveau partenariat après une trentaine d’années d’absence, faisant resurgir de la magie chez tous les passionnés de football, insistant sur la fabrication française des futurs maillots stéphanois.

L’histoire du Cop Sportif est indissociable non seulement évidemment du sport mais aussi de la France et de son industrie. Le choix du nom de la marque et du logo n’est pas anodin et hautement symbolique. Le cop fait partie intégrante de l’imagerie sportive française comme le souligne Bernard Richard dans son livre Les emblèmes de la République, paru en 2012 aux éditions CNRS: « il s’agissait d’une exploitation commerciale d’un emblème lié à la France mais en même temps un symbole de la vaillance, de la combativité, valeurs éminemment utiles dans les compétitions sportives. » L’histoire du Coq Sportif commence en 1882 quand Émile Camuset, un bonnetier de Romilly-sur-Seine, décide de confectionner des maillots pour ses amis cyclistes, footballeurs, rugbymen. En 1939, il lance le premier survêtement de l’histoire du sport. En 1951, il devient le fournisseur officiel des maillots du Tour de France. En 1960, il habille les athlètes français des Jeux Olympiques de Rome. C’est également l’équipementier des équipes de France de football et de rugby. Son slogan dans les années 30 était : « le Coq Sportif, la marque des tricolores. » Mais il investit également le monde du tennis. Son aura est internationale et il est partenaire de l’Argentine lors de ses victoires aux coupes du monde 1978 et 1986. La marque périclite à la fin des années 1980 et elle n’est plus leader du domaine sportif de l’équipement. En 2005, la marque est rachetée par la société d’investissement suisse Airesis et amorce une remontée significative marquée par la réouverture en 2010 de son usine historique de fabrication à Romilly-sur-Seine et son partenariat avec Amaury Sport Organisation, celui qui permet de devenir le fournisseur officiel des maillots des leaders de compétitions comme le Tour de France, la Vuelta ou bien encore Paris-Nice. La marque en 2015 fait donc un retour remarquée dans le football en devenant l’équipementier de l’AS Saint-Étienne ainsi que du club italien de la Fiorentina. Sa marque de fabrique, c’est le « made in France » et la capitalisation de son passé !

L’histoire du Coq Sportif est jalonnée par les exploits du sport français. La marque est l’équipementier des grandes heures du Stade de Reims dans les années 1950 avec six titres de champion de France entre 1955 et 1962 ainsi que deux finales de coupe d’Europe en 1956 et 1959. En 1958, la France termine troisième du mondial avec Raymond Kopa comme joueur vedette. Dans les années 70, il est équipementier de la grande équipe de Saint-Étienne dont le summum est l’épopée 76 qui se termine par une défaite en finale de coupe d’Europe face au Bayern Munich à Glasgow. C’est le célèbre maillot Manufrance ainsi que celui KG Jardin de 1981, date du dernier titre de champion de l’ASSE. En 1977 et 1981, l’équipe de France de rugby remporte le Tournoi des V Nations. Il a également été l’équipementier du FC Nantes, rival historique de Saint-Étienne dans les années 60-70 et qui remporte le championnat de France en 1965, 1966, 1973, 1977, 1980, 1983 1995 et 2001. Le club nantais est cependant équipé par Adidas à partir de 1974. En 2001, date du dernier titre de champion de Nantes, il est de nouveau son équipementier et ce jusqu’à la saison 2005/06. Les célèbres coureurs cyclistes français Jacques Anquetil et Bernard Hinault ont remporté à plusieurs reprises le Tour de France et se sont illustrés sous le maillot jaune. En 1983, le tennisman Yannick Noah, habillé par le Coq Sportif, remporte Roland-Garros. Il est le seul français à avoir remporté Roland-Garros sous l’ère Open. En 2012, la marque signe un contrat avec le nageur Yannick Agnel, qui remporte trois médailles aux Jeux Olympiques de Londres en 2012.

Pour revenir dans le football par la grande porte, le Coq Sportif a fait un choix très significatif avec l’AS Saint-Étienne, un choix largement expliqué par son directeur de la communication et du marketing : « Saint-Etienne sera le seul club français équipé par le Coq. Notre but n’est pas signer des clubs à tout-va, c’est clair. Notre axe de développement, c’est de construire une histoire avec le club. On n’a pas l’obligation d’avoir dix équipes sous contrat dans 5 ans et c’est ça qui nous permet de creuser la relation avec le club. Le coq sportif est une marque humaine. Face à ces machines de guerre que sont Nike et Adidas, on est un petit village français. » On aura compris le très fort accent français et populaire que veut développer la marque pour se relancer, en s’appuyant sur son savoir-faire et son passé. Le Coq Sportif a d’ailleurs réalisé une vidéo avec d’anciennes grandes gloires stéphanoises, qui s’expriment sur le retour de l’équipementier historique. À une époque où le patriotisme économique fait son retour et devient de mode, le Coq Sportif pourrait bien réaliser son pari « made in France »…le coq n’a pas fini de lancer son cocorico !