Le combat mené par les supporters dans la défense de leurs libertés et de leurs traditions est un combat juste et nécessaire 
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gael burroniGaël Burroni, délégué Debout les Jeunes pour les Alpes Maritimes, explique pourquoi Debout la France s’investit dans le dossier du supportérisme en France et de manière de plus en plus active.

Etudiants, retraités, hommes, femmes, cadres et ouvriers… Tous se retrouvent au moins deux fois par mois autour d’une même passion qui les lie à jamais : le sport et ses valeurs, leur ville, son histoire et ses traditions. Ils chantent d’une seule et même voix, fabriquent et déploient des tifos souvent impressionnants. Ils sont l’illustration même d’une France qu’on ne divise pas. Ils représentent d’une certaine manière notre société.

 Or, dans le cadre de la lutte contre le « hooliganisme », les supporters font de plus en plus l’objet de mesures liberticides.

 Certes, certains événements forcent à constater qu’on ne peut nier la présence de la violence dans les stades.

 Cependant, cette violence n’est le fait que d’une minorité. Pourtant, les mesures répressives, elles, sont générales, administratives, massives et abusives.

Tant l’arsenal répressif mis en place par les pouvoirs publics que les mesures prises par certains clubs à l’encontre de leurs supporters constituent une atteinte aux libertés fondamentales qu’on ne doit pas ignorer.

 Parmi les mesures prises par les pouvoirs publics, figurent les interdictions administratives de stade (IAS) et les arrêtés préfectoraux destinés à interdire aux supporters d’un club donné de se déplacer à un moment donné dans une ville donnée.

En principe calibrées pour lutter contre la violence, les IAS  sont en pratique largement distribuées pour utilisation d’engins pyrotechniques. Mais très peu contre la violence, qui n’arrive qu’en 6ème position au classement des motifs d’IAS. En 2010, par exemple, pour 18 IAS relatives à des violences, 174 l’étaient à l’utilisation d’engins pyrotechniques.

 Les interdictions de déplacements, elles, sont une exception devenue automatique. Elles illustrent parfaitement la démission de l’État dans sa mission d’assurer l’ordre public. Presque chaque week-end, des supporters voient les pouvoirs publics restreindre leurs libertés (et sont sanctionnés s’ils s’y refusent).

Plusieurs problèmes se posent s’agissant des interdictions de déplacement : d’une part, ces interdictions concernent l’ensemble des supporters d’un club et non pas les seuls individus perturbateurs ; d’autre part, ces interdictions ne sont signifiées en moyenne que deux jours à l’avance.

 Du côté des clubs, c’est la liberté d’expression qui est régulièrement mise à mal. Par exemple, des banderoles peuvent être confisquées sans motifs, si ce n’est qu’elles déplaisent aux dirigeants du club.

Pire encore, certains clubs comme le PSG établissent des listes noires : des supporters, non sous l’effet de la loi, se voient refuser l’entrée du Parc des Princes au motif hasardeux qu’ils seraient indésirables. Sans que la moindre explication ne soit avancée.

 Pour mettre fin à ces mesures liberticides, à cette répression massive et à cette marchandisation du sport, un constat s’impose : est nécessaire l’établissement d’un dialogue durable entre les clubs, les pouvoirs publics, les instances du football et les supporters. Le 11 février dernier, c’était l’objectif fixé par le Conseil National du Supportérisme Français (CNSF) aux Assises du Supportérisme. Une fois de plus, la démarche n’a pas été suivie par les instances du football.

Toutefois, la présence notable du Député Nicolas Dupont Aignan, président de Debout La France, n’est pas anodine.

En effet, le combat mené par les supporters dans la défense de leurs libertés, de leur culture et de leurs traditions est un combat juste et nécessaire. Les tribunes représentent parfaitement notre société. Avec la mise en place de ces mesures liberticides et la marchandisation de tout,  nos libertés et notre mode de vie à tous sont en jeu.

Nicolas Dupont-Aignan et Damien Lempereur (également signataire de la charte du CNSF), avec Debout La France, s’engagent ainsi dans ce combat en soutenant un projet dont l’objectif est de permettre l’implication des supporters dans la vie des clubs et des instances nationales du sport.