L’armée française remplace ces 4×4 Peugeot par des Ford américains 

Le gouvernement a provoqué la colère des salariés Peugeot, selon L’Est Républicain. L’armée française va acheter des Rangers américains pour remplacer ses 4×4 Peugeot, qui sont assemblés à Sochaux. D’autres constructeurs tricolores semblent aussi avoir été écartés. Renault avec son Duster et Citroën avec son Berlingo spécialement modifiés pour l’armée, se retrouvent (pour l’instant du moins), sur la touche d’un marché où Poclain Véhicules (Étupes) et Nedey (Montbéliard) étaient également positionnés. C’est l’incompréhension pour certains comme le déclare un visiteur du nouvel espace concessionnaire Renault à Montbéliard:  » L’Etat français qui, avec les impôts français, achète made in US au moment où on a grand besoin de travail, c’est juste fort de café. »

L’affaire a débuté par un appel d’offres de l’armée voulant renouveler, pour partie, son parc vieillissant de P4, un 4 roues motrices développé par Peugeot, pour la motorisation, en collaboration avec Mercedes, pour la carrosserie. La première P4 (qui succède à la Jeep de 1945) est sortie des chaînes de production en 1984, la dernière en 1992. Le nouveau marché porte sur environ 5 000 véhicules et s’étale sur deux ou trois ans. Plusieurs constructeurs se positionnent, dont Renault Dacia avec le Duster. Les transformations mécaniques spécifiques pour le marché de l’armée sont confiées à Poclain Étupes tandis que Nedey Montbéliard réalise la peinture « vert Otan ».

Le Duster revisité quatre roues motrices, « moins cher d’ailleurs que les autres véhicules en lice », passe les tests tout terrain organisé par l’armée avec succès. Le véhicule franchit même des obstacles là où d’autres concurrents restent en rade. Malgré cela, la première tranche de 1 000 véhicules est attribuée au pick-up américain Ford. « Autant d’heures de travail qui ne sont pas affectées à la France », lâche Pascal Bernard. « Ce marché représentait 10 000 heures de travail pour nous, sept à huit personnes à l’année. Sans parler des 100 000 € investis dans le développement pour répondre au cahier des charges de l’armée et les essais de ce Duster modifié. Idem chez Nedey. » Toutefois 4 000 autres véhicules sont à construire. Renault et Citroën seront peut-être conviés par l’armée au prochain festin tout terrain.

En tout cas, l’affaire fait parler si on peut juger par le nombre de commentaires sous l’article alors qu’en général les articles sont peu commentés. Un lecteur déclare: « Une fois de plus et malgré toutes les considérations déjà formulées, on constate que nos dirigeants montrent l’exemple : Achetez français !En cette période de marasme économique une telle révélation ne peut qu’écœurer le lecteur » tandis qu’un autre tempère, en relevant que c’est la loi des marchés publics: « A tous ceux qui trouvent cela désolant, je rappelle que toutes les administrations françaises, dont l’armée, sont soumises au « Code des Marchés Publics ». Tous les achats font l’objet d’une consultation, lors de laquelle les critères de choix sont clairement définis et connus des candidats. L’attribution du marché fait l’objet d’un rapport, que les candidats évincés peuvent contester par des voies de recours légales.Dans le cas présent, plutôt que d’alerter la presse et l’opinion publique, les constructeurs français n’ont qu’à faire exercer ce droit s’ils estiment cette décision contestable…Croyez-vous que toutes les tables qui meublent nos écoles, nos lycées, nos collèges sont « made in France » ? Pensez-vous que les équipements médicaux de nos hôpitaux sont fabriqués sur le territoire national ? Il y a longtemps que l’achat du « mieux disant » a remplacé le protectionnisme économique… »