L’Allemagne ouvre le débat sur les limites de l’euthanasie 

Devant le vide légal qui permet à certaines organisations d’agir et en vue d’adopter en 2015 une norme fixant les limites de l’aide au suicide, la Bundestag a ouvert le débat sur l’euthanasie.

Des dizaines de députés se sont succédés jeudi à la tribune avec près de cinq heures de séance pour présenter leur point de vue sur l’euthanasie, non pénalisée en Allemagne. Il est apparu qu’aucun groupe n’a de position unique à cet égard.

La majorité des députés qui sont intervenus ont appelé à une amélioration et une extension des soins palliatifs et se sont montrés opposés aux associations qui facilitent, dans le pays, l’accès aux médicaments nécessaires pour mourir aux malades en phase terminale.
Durant le débat, ont été présentés cinq documents signés par des députés de différents groupes. L’un d’eux, soutenu par des députés conservateurs et des démocrates sociaux de la grande coalition, préconise que la loi permette aux médecins d’aider les malades en phase terminale dans leur suicide sous conditions strictes.

Au nom de ce groupe, est intervenu le conservateur Peter Hintze, ancien pasteur protestant, qui a exprimé clairement son « oui à la vie », mais a refusé que la mort puisse être une torture, et a demandé aux médecins de répondre aux souhaits de leurs patients, en fonction de leur connaissance scientifique et avec une «sécurité juridique».
La plupart de ses collègues du groupe conservateur partagent néanmoins l’avis du ministre de la Santé, Hermann Grohe, qui préconise de donner un rôle central aux soins palliatifs et a rejeté toute sorte de suicide assisté, opinion que partage le collège médical allemand.

Une seule proposition est opposé à l’interdiction des associations facilitant le suicide et elle est conduite par le député Vert, Renate Künast, qui a exhorté ses collègues à ne pas laisser les principes religieux déterminer le cours des futures normes.
Le débat a été chargé d’émotion et de nombreux parlementaires, certaines la voix tremblante, ont rappelé le cas d’amis proches et de famille touchés par une maladie grave et qui un moment, se sont posé la question de vivre ou mourir dans la dignité.
L’objectif de la session était d’ouvrir le débat pour tenter de parvenir à un document de consensus, qui entrerait en vigueur l’année prochaine.

Actuellement, le suicide assisté n’est pas illégal en Allemagne, ce qui facilite le travail d’organisations telles que Aide à mourir Allemagne ou la section allemande de l’association suisse Dignitas. Ces associations assistent les personnes avec des maladies incurables ou en phase terminale en leur fournissant les médicaments nécessaires qu’ils peuvent prendre en ultime recours.
La plupart des députés ont protesté contre ce qui pourrait devenir une entreprise autour de la mort assistée.
Selon l’explication donnée par l’association Aide à mourir Allemagne sur leur site web, ils collaborent seulement au suicide assisté lorsque la condition terminale du patient est avalisée par un rapport médical physique et mental du patient.
Si aucun médecin autour du patient n’est prêt à signer ce rapport, l’association propose les services de spécialistes en échange de 1500€. Mais elle assure qu’elle n’abandonnera personne pour difficulté économique.