La GPA restreinte en Thaïlande 

GPALe Parlement thaïlandais a adopté en première lecture un projet de loi restreignant la location de ventre, pratique commerciale très répandue ces dernières années grâce à un vide juridique et qui a provoqué de nombreux scandales. Le texte qui a été adopté à la quasi unanimité, jeudi dernier, prévoit jusqu’à 10 ans de prison à ceux qui bénéficieraient des avantages de la GPA, a déclaré vendredi le député, Wallop Tungkananurak. Les sanctions ne concernent pas les mères potentielles de substitution. «Nous voulons en finir avec l’idée que les étrangers ont que la Thaïlande est une usine à bébé» a-t-il ajouté. Une deuxième lecture du texte est prévue pour la mi-Janvier.

La junte militaire au pouvoir depuis un coup d’Etat en mai, a annoncé son intention de mettre fin au commerce des mères porteuses après une série de scandales dans les médias, comme celui d’un couple australien abandonnant à la mère porteuse de 21 ans un bébé atteint du syndrome de Down, et emmenant avec eux le bébé jumeau sain. Quelques semaines plus tard, le scandale de l’«usine à bébé» avait été découvert: un riche Japonais avait recours à des mères porteuses en série.
Le junte avait alors promis d’ordonner et de réglementer ce sujet.

Le texte, toutefois, n’interdit pas totalement la pratique de la maternité de substitution, encore autorisée au sein des familles ou comprise comme faveur à des amis, explique l’avocat Sappasit Kumprabhan, qui bataille contre ce commerce depuis des années et parmi les auteurs du projet de loi voté jeudi..
Maintenant, chaque femme qui veut être mère porteuse doit avoir un «entretien» avec des représentants de l’État et ne seront éligibles que les couples hétérosexuels ayant prouver leur incapacité à procréer, a expliqué Sappasit.

« Certaines cliniques et médecins vont être très en colère » à cause de la perte de clients étrangers qu’entraineront ces mesures, a déclaré Sappasit, qui estime qu’actuellement les couples payent l’équivalent de 23 000 euros (indemnisation à la mère et frais médicaux).
Selon le Conseil médical de Thaïlande, plus d’une centaine de cliniques privées se sont spécialisées dans la reproduction assistée et la GPA. Maintenant, la junte a promis d’étudier au cas par cas les dossiers de centaines de bébés bloqués en Thaïlande avec leurs parents biologiques. Beaucoup de cas concernent l’Australie.
Selon le fondateur d’une association consacrée à la grossesse pour autrui, l’Australien Sam Everingham, depuis que les autorités thaïlandaises ont annoncé leur intention de légiférer, «de nombreux couples ont commencé à se diriger vers d’autres pays comme le Mexique ou le Népal ».