La France vend les BPC Mistral à l’Égypte pour 950 millions d’euros 

L’Élysée a annoncé hier dans un court communiqué la vente des deux Mistral à l’Égypte: « Le Président de la République s’est entretenu avec le Président Sissi. Ils se sont accordés sur le principe et les modalités de l’acquisition par l’Egypte des deux bâtiments de projection et de commandement de classe Mistral. » Selon des chiffres révélés par la presse, l’Égypte va débourser 950 millions d’euros pour l’acquisition des deux navires. La formation des équipages de marine égyptienne est comprise dans l’accord. Et la question de l’armement reste « ouverte », sachant qu’un BPC est armé de 2 systèmes de missiles sol-air SIMBAD, de 4 mitrailleuses Browning M2-HB de 12,7 mm et éventuellement de 2 canons de 20 mm Narwhal. Toutefois l’accord franco-égyptien ne prévoit pas de transferts de technologie. La livraison est prévue au mois de mars prochain.  Le site Zone Militaire rappelle que le contrat signé avec la Russie prévoyait le versement d’une somme de 1,2 milliards d’euros.

La question de la DCNS est également évoquée par Zone Militaire, qui rapporte les propos de Louis Gautier, le secrétaire général de la défense et de la sécurité national, lors d’une audition au Sénat le 8 septembre dernier: « Le contrat était de l’ordre de 1,2 milliard, mais la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur) ne garantit jamais les marges de l’industriel ni la totalité de ses coûts de production. Afin d’éviter que les entreprises et notamment les sous-traitants subissent le contrecoup de la décision de l’État de ne pas exporter les BPC, la Coface a accepté de garantir à 100 % les coûts de fabrication. Elle a également accepté qu’une partie des frais généraux soit prise en compte. (…) Les 895 millions assurés par la Coface se composent des 865 millions, auxquels il convient d’ajouter les frais de gardiennage (2 millions par mois pour les deux BPC) et une partie des frais généraux. Cela pourrait atteindre un total de 1 milliard, à comparer au 1,2 milliard initial. (…) Lorsque DCNS, qui est propriétaire, et Coface, usufruitière, revendront les BPC, il conviendra de soustraire à ce montant le prix de la revente. (…) Ce n’est qu’au jour de la vente que nous saurons si la Coface a dû supporter, et pour quel montant, un sinistre industriel. Il ne s’agit pas d’un débours mais d’une moindre recette sur le compte où la Coface reverse une part de ses excédents au budget de l’État. »

Du côté du gouvernement, on semble satisfait comme cette déclaration de Stéphane Le Foll: « Je vais réfuter totalement ce qui a été indiqué par certains qui consisterait à dire qu’il y aurait une perte par rapport à cet accord. Les choses sont négociées, elles seront précisées le moment venu. » La batailles des chiffres continue !