La France maintient son plan Vigipirate pour plusieurs mois 

Les niveaux actuels du plan Vigipirate – «alerte attentats» pour l’Ile-de-France et les Alpes-Maritimes et «vigilance renforcée» pour le reste de la France – seront prolongés pendant encore plusieurs mois, selon une source gouvernementale. Ces niveaux d’alerte relevés après les attentats de janvier, qui sont en théorie prolongés chaque semaine, ont d’ores et déjà été étendus jusqu’au 10 avril et vont l’être pendant «très longtemps», a indiqué cette source à l’AFP. De son côté, Matignon, qui a la main sur le dispositif Vigipirate, a simplement confirmé que le dispositif était «prolongé» et que le niveau des effectifs était «prolongé aussi longtemps que nécessaire». Une première puisque le dispositif n’a jamais été maintenu sur une période aussi longue.

Pour tenir dans la durée, il a été décidé de faire adopter aux militaires une posture plus mobile, avec des patrouilles au lieu des gardes statiques devant les lieux sensibles. L’idée est de pouvoir ainsi réduire progressivement les effectifs engagés, en les faisant passer à 7.500 puis, si tout va bien, à 3.000. Ce qui reste toutefois trois fois plus qu’en temps « normal ». Si l’armée de Terre semble prête à faire face à ce genre de situations de manière de plus en plus fréquente, la police commence à s’épuiser comme ce témoignage d’ un policier dans 20minutes:« Rester debout à ne rien faire, c’est fatigant. Mais on est surtout blasé. On n’est pas entré dans la police pour faire de la garde. Pendant qu’on est là, on n’est pas ailleurs, en train d’effectuer des missions de secours, c’est-à-dire notre travail de policier. » Toutefois, selon un communiqué de l’ONDRP (observatoire national de la délinquance et des réponses pénales), il y a eu une baisse importante des cambriolages et des vols pendant le mois de janvier. L’observatoire a déclarait qu’il étudierait l’impact réel ou pas de l’opération Sentinelle sur ces chiffres même si pour certain, c’est une évidence.

Les syndicats policiers, dans leur ensemble, s’inquiètent de ce prolongement qui occasionne suppression des congés, augmentation d’heures supplémentaires. Elle entraîne fatigue physique et nerveuse et les syndicats mettent en garde contre les conséquences que cela pourrait avoir. La piste de sociétés de sécurité privées a été évoquée pour suppléer au manque d’effectifs. Mais le gouvernement devra penser à une modification du dispositif.