La crèche traditionnelle revient sur le devant de la scène 

Dans un pays où le laïcisme ne cesse d’être vindicatif, il n’est pas rare de voir les symboles religieux au milieu de polémique notamment au moment de Noël. Malgré la tradition catholique de la France, les crèches sont désormais cachés quand ce n’est pas parfois le sapin, qui était considéré jusqu’ici comme le symbole laïc de Noël et un pendant à la crèche, ou bien encore le Père Noël comme la polémique en 2012 à l’école de Montargis.

Pourtant certains hommes politiques ou institutions, sans en faire étalage, ont remis des crèches comme le Conseil général de Vendée dont son président est le sénateur UMP Bruno Retaillau. L’instauration de cette crèche dans le hall d’accueil du Conseil Général n’était pas une nouveauté mais elle n’a pas plu à une association Libre Pensée qui estimait que cette crèche était « un symbole religieux d’une religion particulière » qui a saisi le tribunal administratif de Nantes. Ce dernier a donné raison à l’association, interdisant au Conseil Général de sortir sa crèche. Si Bruno Retaillau utilisera tous les recours légaux juridiques possibles, il n’en a pas moins dénoncé dans un communiqué de presse cette décision qu’il juge grotesque, injuste et inquiétante:« le symbole de la crèche dépasse le symbole religieux. Elle fait partie d’un patrimoine commun qui nous rassemble bien au-delà des convictions des uns et des autres. L’indignation qui s’est levée spontanément montre à quel point nos compatriotes, croyants ou non, restent attachés à leur histoire collective. Actuellement, la France est fragilisée par la crise et les Français tentés par le repli sur soi. Nos racines culturelles et nos traditions populaires sont aussi des liens sociaux qui nous maintiennent unis. » Le président du Conseil Général peut déjà compter sur le soutien évident de l’AGRIF mais aussi de Philippe de Villiers, ancien président du Conseil Général de Vendée et fondateur du Puy du Fou.

Tout nouveau maire de Béziers, Robert Ménard, a voulu lui aussi installer une crèche dans le hall de l’hôtel de ville mais cette décision n’est pas du goût des communistes et des défenseurs de la laïcité qui ont fait appel au préfet du Hérault. Ce dernier a dans un courrier demandé au maire de revoir les modalités de son projet pour garantir le principe de laïcité . Pour l’instant, il n’y a eu aucune réaction de la part de l’intéressé et on ne sait pas encore s’il y aura vraiment une crèche à Béziers si ce n’est pas dans les locaux de la municipalité.

L’année dernière, c’était une crèche dans une gare de l’Aveyron qui avait créé la polémique. Un usager s’en était plaint à la direction régionale de la SNCF qui l’avait fait plus ou moins enlever malgré la colère des cheminots qui tenaient à cette tradition qui durait depuis dix ans. En 2008, le conseil municipal de Montiers, village de l’Oise, avait fait installer une crèche sur la place. L’ancien maire de la commune avait déposé une requête au tribunal administratif d’Amiens qui avait annulé la décision du conseil municipal. Malgré cela, le maire avait quand même installé la crèche.

Suite à la décision du tribunal administratif de Nantes, certains twittos ont posté des photos de crèche avec pour certains le hashtag #TouchePasAMonNoël

 

On peut noter aussi le lancement d’une page Facebook et d’un compte Twitter, intitulés tous les deux: Touche pas à ma crèche. La page revendique déjà 1163 j’aime moins de 24h après sa création.