La Cour Suprême de Belfast légalise l’avortement en cas de malformation fœtale et de viol 

La législation sur l’avortement en Irlande du Nord ne respecte pas les normes des droits de l’homme. Ainsi a statué la Cour suprême de Belfast, capitale de l’Irlande du Nord. Jusqu’à présent, l’avortement était autorisé lorsque la vie de la mère était en danger, maintenant, il pourra se faire en cas de malformation fœtale, de viol et d’inceste. L’Irlande du Nord impose la peine la plus sévère en Europe pour l’avortement: emprisonnement à vie pour la femme qui subit un avortement illégal comme toute personne fournissant une aide. La condamnation s’applique, en théorie même lorsque la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste, ou en cas de malformation fœtale. En réalité, aucune femme n’est emprisonnée pour cette raison, parce que les Irlandaises du Nord qui veulent avorter vont en Ecosse, en Angleterre ou au Pays de Galles pour le faire.

Avorter en Irlande du Nord est autorisée uniquement lorsque la vie de la femme est en danger ou si elle court le risque de développer un dommage physique ou mentale permanente. En Irlande du Nord, ne s’applique pas la loi sur l’avortement (1967) du Royaume-Uni, bien qu’il soit l’un des pays constitutifs de l’union. Compte tenu de cette différence de législation, la Commission des droits de l’homme d’ Irlande du Nord (NIHRC), a porté l’affaire devant la Haute Cour, dans le but d’étendre l’autorisation pour un avortement aux cas de grave malformation du fœtus, viol ou d’inceste. Ce fut le cas de Sarah Ewart, femme d’Irlande du Nord, qui a généré un large débat sur le sujet. En 2013, à 20 semaines de grossesse, elle se rend en Angleterre pour un avortement. On avait diagnostiqué sur son bébé l’anencéphalie, malformation cérébrale congénitale. Mais comme les médecins avaient indiqué que sa vie n’était pas été en danger, selon la législation d’Irlande du Nord, Sarah Ewart n’avait pas été autorisé à avorter.

L’année dernière, le ministère de la Justice d’Irlande du Nord a mené une consultation publique sur l’opportunité ou non de modifier la loi pour permettre l’avortement dans les cas où le fœtus aurait une malformation grave. Cependant, le NIHRC a considéré que la consultation n’était pas allée assez loin et a donc décidé de porter l’affaire devant les tribunaux. En mars de cette année, Amnesty International, l’une des organisations qui bataille dans le monde contre le droit de naître, a publié un rapport dans lequel il a affirmé que « les lois restrictives d’Irlande du Nord sur l’avortement sont une violation flagrante des obligations internationales des droits humains qui incombent au Royaume-Uni « . Dans sa décision, le juge de la Cour suprême, Mark Horner, a constaté que les femmes victimes d’agressions sexuelles et les cas où le fœtus présente des anomalies mortelles ont droit à une exemption de la loi. Il reste maintenant à déterminer si une nouvelle législation spécifique sera nécessaire pour se conformer à la décision.