La Chine met fin à sa politique de l’enfant unique

Le Comité central du Parti communiste chinois a présenté et voté son 13ème plan quinquennal pour 2016-2020. Parmi les mesures, on peut noter la fin de l’enfant unique. Le gouvernement chinois va permettre aux couples chinois d’avoir deux enfants. La mesure vise à équilibrer le développement de la population et à relever le défi d’une population vieillissante. Cette politique de planification familiale avait été mise en place au début des années 1970 et assouplie au début des années 2000.

Pour la démographe et sinologue Isabelle Attané, de l’Institut national des études démographiques (INED), qui répondait aux questions du journal Le Monde, cette décision est prise également pour répondre à une contestation croissante de cette politique, ajoutant: « je ne suis pas sûr qu’elle ait un impact significatif. Il est assez peu probable que cela permette d’une part à la fécondité de remonter significativement et d’autre part de lutter contre l’élimination des petites filles. » Cet avis est partagé par Mary-Françoise Renard, spécialiste de l’économie chinoise: « La mesure ne fera pas fortement remonter la natalité, mais elle donne l’impression aux Chinois d’être un peu plus libres. » Il y a peu de chances en revanche que les Chinois arrêtent de sélectionner les embryons en fonction de leur sexe : « Comme beaucoup de couples continueront à ne vouloir qu’un enfant, la plupart d’entre eux voudront toujours avoir un garçon », explique Mary-Françoise Renard.

Le ton général est que si la Chine ne régulera plus les naissances, elle n’aura pas pour autant une politique nataliste. Cela reste toutefois une ouverture très significative.