La Chine met en avant son rôle dans le football africain 

China-State-Construction-Engineering-Corporation-JLTDans un article, l’agence Xinhua, qui est l’agence de presse du gouvernement chinois, met en avant le rôle de la Chine dans le développement du football en Afrique. On peut lire ainsi que de nombreux stades de la CAN (coupe d’Afrique des Nations) ont été construits par des entreprises chinoises. Ce serait le cas du futur stade de Port-Gentil au Gabon, dont la première pierre a été posée récemment par Lionel Messi[1], pour la CAN 2017. Le maître d’œuvre est l’entreprise chinoise China State Construction Engineering. C’est également le cas pour le stade olympique de Kintélé pour les Jeux panafricains, à Brazzaville, au Congo. L’article parle aussi d’une autre compagnie : Shanghai Construction Group. Des stades ont été également construits par des entreprises chinoises au Cameroun et en Côte d’Ivoire et serviront pour les CAN de 2019 et 2021. Toujours selon l’agence, les autorités des pays concernés sont entièrement satisfaites et parlent de stades de qualité.

C’est le 2 juillet dernier que différents médias locaux africains, dont des sites d’actualités gabonais, ont annoncé que le ministre des sports gabonais avait choisi une entreprise chinoise pour la construction du futur stade de Port-Gentil. Il semble, selon Afrique Actualité, que China State Construction n’était pas le premier choix. La différence s’est faite sur son expérience et ses compétences. Le délai est très court. L’entreprise chinoise s’est engagée à livrer le stade dans les deux ans. La livraison du stade est prévue pour octobre 2016. Le stade aura une capacité de 20.000 places et répondra aux normes internationales. L’autre stade, qui doit être construite au Gabon pour la compétition, le stade d’Oyem d’une capacité de 20.000 places le sera par la société Shangai Construction Group. Il semble que son érection accuse pour l’instant du retard, ce qui explique peut-être que l’agence Xinhua ne s’en fasse pas l’écho. Si on en croit Gabon Review, c’est en quelque sorte un retour d’ascenseur après que cette même entreprise ait construit en 2012 le stade de l’amitié sino-gabonaise d’Agondjé, un « cadeau » de la Chine au Gabon.

Pour le Gabon, la construction de ces deux stades sont très importants sur la scène africaine et en quelque sorte sur la scène internationale aussi puisque la CAN est de plus en plus médiatisée. « A un peu plus d’une année de la compétition, l’une des plus importantes sur le continent, notre pays semble avoir appris des erreurs du passé, notamment du retard accusé dans la livraison des chantiers lors de l’édition de 2012, co-organisée avec la Guinée équatoriale. Comme pour se prémunir des quolibets de ses adversaires, à l’instar du Ghana et de l’Algérie qui n’ont toujours pas digéré leur défaite lors du vote il y a quelques mois, le Gabon, qui tarde encore à livrer le stade omnisports Omar Bongo, s’active de plus en plus », écrit Gabon Review. Pour Afrique Actualité « Après la co-organisation de la CAN 2012 avec la Guinée Equatoriale, le Gabon accueillera une fois de plus cette grand-messe du football africain. Les dirigeants du pays démontrent depuis sa désignation, toute leur détermination à en faire une réussite. »

En Côte d’Ivoire, la Chine va faire aussi « don » d’un stade olympique de 60.000 places avec une cité olympique de 20 hectares autour du stade, selon une dépêche de l’AFP du 23 avril 2015. Sa construction doit débuter en janvier 2016. Le coût du stade s’élèverait à plus de 76 millions d’euros, une somme qui interroge Afrik Foot : « Déjà très présent dans le pays, le géant d’Asie fait ici un cadeau qui pose des questions sur une contrepartie pour l’instant inconnue. Alors que de nombreux doutes persistent au niveau des infrastructures, ce projet permet d’estomper tous les doutes pour le pays dirigé par Alassane Ouattara. » Dernièrement le gouvernement camerounais a fait appel à la Chine pour l’aider à financer la construction d’une partie des stades qui serviront de cadre à la CAN féminine et celle masculine en 2019. Le coût s’élève à environ 840 millions d’euros pour la construction de deux stades, l’un de 60.000 places à Yaoundé et un autre de 50.000 places à Douala. La liste s’allonge où la Chine est appliquée dans la construction de stades en Afrique, que ce soit pour les travaux ou pour le financement, un choix qui n’est pas anodin comme le montre cette dépêche de l’agence chinoise: « La présence de la Chine dans la construction aide le développement de la cause sportive des pays africains. »

La Chine commence de plus en plus à investir dans le football en Europe mais elle se tourne donc également vers l’Afrique dans un autre domaine : les stades. Les raisons sont sans doute différentes avec un mélange d’intérêts stratégiques et financiers. L’Afrique tente de s’affirmer comme un continent de football face à un continent européen, trop centré sur lui-même et qui a tendance à délaisser les autres. On sait que c’est une des raisons de son soutien à l’ancien président de la FIFA Sepp Blatter. De son côté, la Chine investit de plus en plus en Afrique, dans tous les domaines, et fait plus que concurrencer les USA dans ce domaine. C’est un moyen sans doute de s’opposer au modèle occidental avec en arrière-plan le souvenir du colonialisme et le football en est un des moyens !

[1] On peut rappeler au passage que cet événement a fait l’objet de polémiques dans la presse. La première critique a été portée sur son habillement pour la cérémonie : baskets, short déchiré et tee-shirt. Deuxièmement, France Football a affirmé que la présidence gabonaise l’avait payé 3,5 millions d’euros pour qu’il vienne, une information que la présidence gabonaise et le principal intéressé ont démentie.