La Belgique rétablit des contrôles à la frontière française 

Des contrôles ont débuté à la frontière franco-belge lundi soir avec le déploiement de 250 à 190 policiers, a annoncé le ministre de l’Intérieur belge Jan Jambon. Il s’agit d’un contrôle systématique sur les lieux stratégiques connus pour le passage de passeurs ou de migrants sur la frontière franco-belge. « Cela durera aussi longtemps que nécessaire », avertit M. Jambon.

Les contrôles ont débuté en prévision du démantèlement de la « jungle » de Calais. « Nous avons déjà observé un mouvement vers notre pays depuis Calais. On a déjà intercepté 32 personnes hier/lundi. Mais le nombre de migrants potentiel est estimé à des milliers », poursuit le ministre de l’Intérieur. Il souhaite ainsi éviter un afflux important de migrants en transit vers la Belgique. « La plupart des personnes concernées par les contrôles ne souhaitent pas rester en Belgique ou en France. Elles veulent atteindre le Royaume-Uni. »

Jan Jambon dit ainsi viser le maintien de l’ordre. « Nous avons vu ce qu’il se passe à Calais et nous voulons éviter toute situation similaire en Belgique. Mais le but n’est pas non plus de fermer toute la frontière avec la France. » Une évaluation quotidienne des capacités de contrôles sera effectuée.

Les migrants souhaitant introduire une demande d’asile seront redirigés vers l’Office des étrangers à Bruxelles. Les autres « en transit » recevront l’ordre immédiat de quitter le territoire et seront renvoyés vers les frontières françaises.

La Belgique a averti la Commission européenne de l’introduction temporaire de ces contrôles aux frontières. « Nous allons temporairement déroger à Schengen », conclut M. Jambon.

Depuis plusieurs semaines, les autorités belges craignent un afflux de migrants aux abords du grand port de Zeebrugge, d’où partent des ferrys pour la Grande-Bretagne. Le gouvernement belge veut éviter tout impact sur le tourisme du littoral.