Journalisme : à quoi joue le compte Twitter de communication de l’Élysée ? 

Le 31 mars dernier, l’Élysée lançait un compte Twitter de communication. A l’époque, on s’interrogeait déjà sur son utilité et ses motivations.Deux mois et demi après, on peut toujours s’interroger. Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un compte d’un gouvernement mette en avant ses propres actions mais il est plus exceptionnel de lui voir faire la leçon aux journalistes voire de les conseiller. C’est pourtant bien ce que fait le compte Twitter de communication de l’Élysée.

C’est au lendemain du passage de François Hollande dans le Supplément de Canal + au mois d’avril que le community manager de l’Élysée signale aux journalistes de France Inter et du Point les réactions des personnalités du gouvernement, suite à la prestation du président de la République, sur les réseaux sociaux. La journalistes, plus spécialement visée et qui travaille pour ces deux médias, est Charlotte Chaffanjon qui faisait remarquer le manque de parole forte et unie de la majorité.

  Le 27 avril, il signale à Canal + qu’il n’achète pas de followers et que le nombre de followers n’a rien d’anormal:

Mais il n’hésite pas à reprendre les médias quand ceux-ci, selon lui, donnent des informations fausses. Autant dire que Valeurs Actuelles et Closer n’ont pas ses sympathies:

 On vient à se demander si l’Élysée ne veut pas lui-même faire l’information comme si on devait le croire sur parole car on le sait bien les attachés de presse et les responsables de communication disent toujours la stricte vérité. A-t-on fait plus ridicule ? On peut légitimement se poser la question. Il est vrai que les politiques n’ont pas toujours une très bonne utilisation des réseaux sociaux mais l’Élysée a innové et certainement pas pour mieux. Côté efficacité, le compte Twitter de communication de l’Élysée n’a pas de réel succès. Les médias s’en sont fait l’écho lors de sa création mais depuis ils n’en parlent plus. Est-ce dû à l’accumulation de comptes Twitter du gouvernement ou bien le concept n’a-t-il pas séduit ? Il y a sans doute des deux. Pour l’instant, les journalistes préfèrent réagir sur le ton de la plaisanterie ou ne pas réagir du tout quand ils se font reprendre !