Irak: fin de la mission des F-16 belges au sein de la coalition internationale

L’opération Desert Falcon de l’armée belge en Irak a pris fin hier. Le retour des six F-16 avait été annoncé par un communiqué de presse. Après un vol de 6h, ils ont atterri vers 14h15 sur la base de Florennes. Basés en Jordanie dans une base tenue secrète sur demande des autorités jordaniennes, ils ont participé aux opérations de la coalition internationale en Irak. Leur mission a débuté au mois d’octobre sur décision du gouvernement fédéral belge. Outre les missions de reconnaissance, les F-16 ont effectué des opérations cinétiques depuis le ciel irakien. On estime qu’ils ont mené plus de 300 frappes en Irak. Selon un pilote de retour, les vols duraient environ cinq heures chacun de jour comme de nuit. Le détachement belge se composait de 120 personnes. Dans une réponse écrite à une question parlementaire datant de la fin du mois d’avril, le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), estimait le coût de cette mission à plus de 52 millions d’euros. Les militaires n’ont fourni jeudi aucun bilan actualisé des opérations, laissant le soin au ministre de la Défense d’en prendre connaissance avant de le communiquer à la commission parlementaire de suivi pour les opérations à l’étranger.

Les six pilotes ont été accueillis par le « patron » de la composante Air, le général-major Frederik Vansina, et des membres de leur famille. Mais la Défense a demandé à la presse de ne rien révéler de leur identité en raison des menaces qui pourraient peser sur les militaires impliqués dans les opérations contre l’EI et leurs proches. C’est pourquoi le chef du détachement s’est exprimé devant la presse, le visage caché par la visière de son casque.

La mission belge a pris fin pour des raisons budgétaires. La Belgique et les Pays-Bas envisagent toutefois un système d’alternance qui ferait que les forces aériennes des deux pays se relèveraient mutuellement au cours des trois prochaines années, mais avec fatalement un nombre moindre d’appareils. Le scénario négocié, en cours, entre Bruxelles et La Haye était un retrait belge de l’opération fin juin – tout en conservant un nombre limité de personnes en Jordanie et au CAOC d’al-Udeid (Qatar) – et une prolongation de la mission néerlandaise – qui expire actuellement en octobre – jusqu’en juin 2016. Les Belges leur succèderaient alors.