Foot C1-Monaco: le pénalty oublié, cet éternel trompe-l’œil français du résultat 

valence as monaco 2015« Ils ont ensuite tenté de revenir mais sans réussite. Surtout, à 2-1, après un joli raid de Martial, ils auraient clairement dû bénéficier d’un penalty honteusement non sifflé par le cinquième arbitre », ces lignes sont de Pierre Ménès, qui s’étend plus largement sur le niveau de jeu dans le reste de son billet, suite à la défaite de Monaco 3-1 à Valence lors du match aller de qualification pour la Champions League. « ASM, le pénalty oublié qui coûte très cher », évoque Le Figaro. L’erreur d’arbitrage revient de nouveau sur le tapis après une défaite d’un club français en Europe. Excuse pour les uns, tournant pour les autres, ce pénalty oublié aurait pu peut-être faire basculer la rencontre…beaucoup de si et de probabilités pour une seule certitude : Monaco a fait trop d’erreurs défensives et d’approximations pour une rencontre d’un tel niveau. La moindre erreur dans le haut niveau ne pardonne jamais.

« Monaco sans défense, perd à Valence », c’est un peu le ton d’analyse qu’on pouvait entendre à la fin du match, un constat logique au vu de la rencontre. Le pauvre gardien monégasque Subasic a été abandonné par ses défenseurs et n’a rien pu faire pour éviter le naufrage. A 1-1, on a même cru que Monaco avait rectifié le tir et que l’équipe était en mesure de renverser la tendance. Une énième largesse défensive avec un scénario quasi identique au premier but encaissé a éteint tout espoir d’une victoire monégasque en terre espagnole. Il fallait à nouveau courir après le score pour chercher un 2-2, qui aurait été somme toute un bon résultat avec la règle du but à l’extérieur qui compte double. Pourtant on le sentait venir ce coup de poignard du troisième but…et il est arrivé sur un nouveau cafouillage de la défense monégasque. Monaco perd à cause de sa fébrilité défensive, d’un manque de repères de l’équipe et d’une attaque pas toujours inspirée et approximative. C’est un peu le bilan qu’on peut faire du match aller.

Mais bien sûr, il y a eu également l’arbitrage et ce pénalty oublié alors qu’il n’y avait que 2-1. Nul ne peut dire d’ailleurs si le pénalty aurait été transformé…un autre si ! Il est certain qu’à 2-2, la rencontre aurait pu basculer…une autre hypothèse invérifiable ! C’est certes rageant mais de là à parler de honte…voire d’évoquer de manière sous-entendue qu’il y a eu un parti-pris du corps arbitral, c’est un peu osé. L’entraîneur monégasque a bien sûr joué le jeu des journalistes dans sa conférence de presse d’après-match : « Malheureusement, lors des quarts de finale l’an dernier, il y a eu beaucoup d’erreurs d’arbitrage. Ce n’est pas positif pour Monaco ni pour la France, l’UEFA doit respecter la France comme les autres pays. » Tout tournait autour de ce fameux pénalty. Pourtant le quotidien L’Équipe est beaucoup moins affirmatif sur ce fameux pénalty : « L’autre tournant de la rencontre aurait pu venir d’un penalty, non accordé au jeune attaquant français (73e). Accroché par José Luis Gaya, il semblait également avoir marché sur le ballon. Difficile, au regard des images, d’être catégorique… » Au lieu d’accuser le pauvre 5ème arbitre qui s’est pris les foudres du football français, le journaliste Didier Roustan a reconnu de son côté sur Twitter que l’arbitre était tout simplement mal placé, ce qui fait qu’il n’a pas vu l’action dans son ensemble.

La défaite est rageante parce que Valence, qui jouait son premier match officiel de la saison, était largement prenable si Monaco avait hissé son niveau de jeu et fait preuve de la même rigueur défensive que la saison dernière. Il y a eu trop de changements et de mouvements au sein de l’équipe durant l’intersaison pour espérer avoir le même schéma. La défaite parait certes sévère mais elle est plus que logique au regard de la rencontre et qu’importe ce fameux pénalty oublié. Quand on en vient à se raccrocher à un pénalty oublié pour tenter de se trouver des excuses, c’est qu’on n’a pas vraiment trop d’arguments. C’est un peu l’arbre qui cache la forêt. On aimerait un discours beaucoup plus offensif et réaliste que ces éternelles plaintes, qui finissent par devenir lassantes. L’arbitrage devrait être parfait mais on peut excuser les joueurs pour leurs erreurs et approximations. A la rigueur, Léonardo Jardim devrait être aussi sévère avec ses propres joueurs, qui doivent respecter le football français pour reprendre ces termes. Le football étranger disserte-t-il autant de l’arbitrage ? Peut-être mais le football français a la médaille d’or en la matière. Le community manager de l’AS Monaco a préféré buzzer sur le sujet !

On ne pourra pas refaire le match et on peut certes regretter que le 5ème arbitre n’ait pas vu cette faute qui semble évidente mais ce fait de jeu ne peut cacher la prestation d’ensemble de Monaco, qui au passage a également mal négocié tous ces coups de pieds arrêtés. L’arbitrage est toujours le bouc-émissaire parfait à la moindre action litigieuse non sifflé. C’est d’autant plus vrai que les arbitres ne s’expriment pas dans la presse et qu’ils ne peuvent pas se défendre. On peut comprendre qu’un supporter peste et rage mais on attend un peu plus de professionnalisme des gens du milieu et des connaisseurs. Dommage, ce ne sera pas pour cette fois et l’arbitre aura intérêt à être irréprochable au match retour ! Nous, on espère que Monaco se qualifiera avec la classe et la manière car tout reste possible, avec ou sans l’arbitrage !