Euthanasie : vers une consultation nationale ?

Le Comité citoyen pour la dignité en fin de vie a publié le 9 février 2015 une tribune (1) demandant une convocation d’Etats-Généraux sur la fin de vie. « Rien n’a été fait pour que les citoyens puissent se faire une opinion sur les questions en débat, sans fausses peurs ni faux espoirs, pour qu’ils puissent connaître les possibilités offertes et les questions posées » , est-il indiqué dans son communiqué (voir ci-dessous). Cette assemblée en appelle donc à une consultation nationale sur la question, réunion d’Etats-Généraux qui permettrait aux experts et spécialistes de la fin de vie de s’exprimer sur le sujet. La signature de la pétition lancée à l’initiative du groupe permettra l’application de cette demande.

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Jean-Benoît Brichet, Clotilde et Christophe Brossollet.

Le Comité souhaite également exprimer son souci de vigilance à l’égard des groupes en faveur du « faire-mourir », particulièrement actifs et bénéficiant de plateformes de communication multiples (ndlr). On se souviendra du colloque du 27 novembre 2014, tenu à l’Assemblée Nationale à l’initiative du groupe Europe Ecologie des Verts, rassemblant des figures particulièrement en faveur de cette notion du « faire-mourir », tel Jean-Luc Romero, Président de l’Association au Droit à Mourir dans la Dignité ou Corinne Lepage, ancienne députée européenne et ministre. 

  1. Par Jean-Benoît Brichet, Clotilde et Christophe Brossollet. 

 

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ CITOYEN POUR LA DIGNITÉ EN FIN DE VIE 

Le Comité citoyen pour la dignité en fin de vie a posé son acte fondateur par la publication d’une tribune demandant la convocation d’Etats­Généraux de la fin de vie.

Une concertation nationale sans véritable débat de société.

Depuis plus de 2 ans et demi, rapports et commissions se sont succédés sur le sujet mais à aucun moment cette concertation nationale n’a été l’occasion d’un véritable débat de société.
Rien n’a été fait pour que les citoyens puissent se faire une opinion sur les questions en débat, sans fausses peurs ni faux espoirs, pour qu’ils puissent connaître les possibilités offertes et les questions posées. Réfléchir au sens que la France souhaite donner aux progrès de la science et de la médecine en matière de fin de vie, ne peut être réservé à une petite catégorie d’experts. C’est l’ensemble des citoyens qui doit s’accorder sur des valeurs communes.

Des Français encore trop ignorants de leurs droits et des progrès de la médecine.

Les études sont unanimes, les Français connaissent encore très mal leurs droits en tant que patients et restent ignorants des progrès de la médecine dans le soulagement de la douleur. Ils ne peuvent donc, dans cet état d’ignorance, participer pleinement au débat pour lequel, ils n’ont d’ailleurs été que très faiblement sollicités.

Donner la parole aux personnels soignants et bénévoles pour qu’ils témoignent.

Le Comité Citoyen pour la Dignité en fin de vie demande donc des Etats­Généraux. Ils doivent être l’occasion de donner la parole aux spécialistes de la fin de vie, personnels soignants et bénévoles et de diffuser largement auprès de tous les Français l’expérience qu’ils vivent au quotidien auprès des personnes qu’ils accompagnent.

Vigilance aux pressions pour “un faire­-mourir”.

Le débat parlementaire qui s’est ouvert au mois de janvier est soumis à des pressions importantes pour qu’au principe actuel de l’accompagnement se substitue la possibilité d’un “faire mourir”. Le Comité Citoyen pour la dignité en fin de vie veut réaffirmer que l’euthanasie et le suicide assisté ne peuvent être les réponses d’une société démocratique à des personnes vulnérables en fin de vie. Il est donc tout particulièrement vigilant à une quelconque ouverture vers un “faire­-mourir”.

Cette demande d’états­généraux est soutenue par

● Marion Berthelage, aide­-soignante, fondatrice de « L’envolée d’or », association d’accompagnement en soins palliatifs pour les aidants familiaux

●  Laurent Celles, Gériatre à l’hôpital d’Orange 

●  Bénédicte de Corbière, Médecin responsable de l’Equipe Mobile de Soins
Palliatifs APHP 

●  Charles Joussellin, praticien hospitalier et docteur en philosophie, responsable
de l’équipe mobile d’accompagnement et de soins palliatifs, CHU Bichat­Claude
Bernard, Paris 

●  Magali Le Pape, Présidente d’association socio­-judiciaire, Juriste 

●  Etienne Montero, docteur en droit, professeur à l’Université de Namur, Belgique 

●  Catherine Ollivet, Présidente de France Alzheimer en Seine St Denis 

et soixante­-dix citoyens issus de la société civile qui ont associé leur nom à la création du Comité citoyen pour la dignité en fin de vie en étant les premières signataires de cette tribune. 

Pour signer la pétition : cliquer ici.