Espagne: le PP présente enfin sa loi de restriction de l’avortement mais dans une version édulcorée

Le parti conservateur au pouvoir en Espagne a présenté mercredi une loi interdisant l’avortement pour les mineures sans autorisation parentale, une version édulcorée d’une réforme très contestée par l’opposition. Les éléments les plus controversés de la loi, en particulier l’interdiction de l’avortement dans presque tous les cas de figure, y compris la malformation du foetus, ont été retirés. « Notre décision de ne pas aller plus loin vient de l’absence de consensus », a expliqué à la presse Rafael Hernando, porte-parole au Congrès des députés (chambre basse) du Parti populaire (PP) au pouvoir. Ce projet, qui doit encore être voté au Congrès où la droite dispose de la majorité absolue, « supprime la possibilité pour les mineures de donner leur seul consentement » pour avorter « sans en informer leurs parents ». 

Après des mois de controverse, le chef du gouvernement Mariano Rajoy avait renoncé en septembre 2014 à cette réforme et annoncé qu’il se bornerait à proposer l’interdiction de l’avortement sans consentement parental pour les mineure. Cette reculade avait été vue comme une trahison par les milieux pro-vie, dont certains votent conservateurs. Pour Rafael Hernando, il n’est d’ailleurs pas question de religion:« Pour un sujet comme celui-ci, il faut tenter, indépendamment des convictions morales ou religieuses de chacun, de ne pas imposer à travers une législation civile un modèle de pensée ». Dans cette proposition de loi, il faut y voir une tentative de compromis politique pour ne pas froisser l’électorat conservateur, partisan de cette loi, et satisfaire en partie l’opposition car elle a été totalement vidée de sa substance initiale.

L’évêque d’Alcalá de Henares, Mgr Reig Pla avait critiqué violemment Mariano Rajoy en septembre dernier, déclarant que:« le Parti populaire, avec cette décision (le retrait de la réforme sur l’avortement), s’ajoute aux autres partis politiques qui en plus de promouvoir l’avortement le considèrent comme un droit de la femme: une synthèse diabolique de l’individualisme libéral et marxiste. » Pour lui la position des catholiques, collaborant avec le Parti Populaire, n’est pas tenable moralement.