Enquête au parlement européen: le FN pouvait s’y attendre 

parlement européenOn a appris hier, selon des informations du journal Le Monde, que le président du parlement européen Martin Schulz a saisi l’office européen anti-fraude afin de vérifier les activités de vingt assistants parlementaires recrutés par les députés européens FN. La fraude s’élèverait à plusieurs millions d’euros. Ces assistants sont accusés de travailler d’abord pour le Front National aux frais du Parlement européen. Le FN n’a pas tardé à contre-attaquer et Marine Le Pen a annoncé qu’elle allait porter plainte même si pour l’instant aucun communiqué officiel n’a été publié. La ligne de défense semble pour l’instant mince, le parti cherchant sans doute une stratégie de communication à adopter. Certains diront vengeance du système et d’autres préfèreront surfer sur une vague anti-européenne en déclarant: de toute façon, ils ne travaillent pas pour l’Europe. Le dernier argument parait faible car on pourrait penser qu’ils reconnaissent implicitement leur culpabilité mais qu’ils se dédouanent.  A quelques semaines des départementales, il est vrai que cela tombe plutôt mal mais il n’y a pas de quoi être surpris.

Le FN a toujours aimé jouer sa communication sur la victimisation mais aussi la dénonciation des magouilles des grands partis traditionnels mais aujourd’hui, non seulement cela lui revient dans la figure mais en plus cela lui rappelle qu’il est un parti qui a l’ambition de gouverner le pays et non plus de faire des scores lors de scrutins électoraux. L’enquête dira si les assistants parlementaires incriminés sont coupables ou pas mais on ne peut dire à tous les coups qu’ils sont innocents et de toute façon comme souvent c’est l’image première que l’opinion retient. La pratique n’est pas nouvelle. Soit le FN a fait preuve d’amateurisme, soit il a pensé qu’il pouvait passer à travers comme les autres mais dans les deux cas, il a tout faux. Quand on se veut un grand parti, on ne peut ignorer les règles ou alors c’est qu’on n’est pas prêt à gouverner. De plus, il montre de plus en plus qu’il se normalise. Bientôt le tous pourris va englober le FN, un comble !

Cependant le parti aurait dû savoir qu’on ne lui laisserait pas passer le moindre écart et il aurait dû s’y préparer. Plus on devient important, plus les caméras sont braqués avec les inconvénients que cela peut comporter. Les médias et les politiques ont décidé de l’attaquer non plus sur ces « dérapages » racistes mais sur son fonctionnement et ses « magouilles » parce que ce sera plus efficace. En effet, l’électorat frontiste vote en partie contre ce « politiquement correct » donc plus les politiques traitent le parti de raciste et de fasciste plus cela les pousse à voter. Dans le cas contraire comme des accusations de magouilles, cela peut inciter les électeurs à douter. La méthode est plus efficace que les soi-disantes angoisses d’un premier ministre, qui n’ont rien de très sérieux. Maintenant l’enquête pourrait se pencher sur d’autres cas d’assistants parlementaires d’autres partis mais ces derniers ont beaucoup moins à perdre qu’un Front National qui se veut propre.

En général, les affaires ne sortent jamais au hasard que ce soit de Sarkozy au FN, en passant par Cahuzac, n’en déplaise aux sympathisants du FN. Les journalistes ont des infos parce que des sources les informent ou les poussent dans une direction et ces sources ont des intérêts bien sûr. Le FN a sans aucun doute sous-estimé la menace et ce n’est pas une première. La politique n’est pas une partie de poker mais un « métier », même si on peut le déplorer, et ce n’est pas à la portée de tout le monde. Le FN continue de manquer de personnalités politiques, taillées pour ce métier. A l’approche des élections, les journalistes trouvent encore trop de « dérapages » sur les réseaux sociaux, un domaine que n’importe quel homme politique se doit de maîtriser. Pour pouvoir gouverner, le FN devra éviter ces écarts d’amateurisme, qui le freine dans sa progression. On peut trouver cela injuste et tout  ce qu’on veut mais c’est ainsi et le parti doit apprendre à faire avec !