Élections départementales: le FN en ancrage local, le PS en pleine déroute 

Pour le second tour des élections départementales, l’abstention a été légèrement en hausse avec 50,01% mais elle aura été toutefois moins importante que prévu. Les partis auront réussi à mobilier leurs électeurs. Oubliant le côté local d’une telle élection, les Français ont voulu faire comprendre aux socialistes qu’ils étaient mécontents de la politique du gouvernement de Hollande. Ce n’est pas pour rien que certains candidats ont essayé en vain de porter le débat sur le bilan local mais cela aura été insuffisant. La droite a remporté 67 cantons contre un seul pour la gauche. La gauche n’aura le contrôle que de 34 départements. De plus, les fiefs de Valls et Hollande passent à droite: un véritable camouflet pour l’exécutif en place. Entre 2012 et 2015, la situation s’est complètement inversée. En 2012, la gauche possédait toutes les clés du pouvoir: de la Présidence aux départements. Depuis elle a perdu le Sénat, les élections européennes et municipales et désormais les départementales. Les élections régionales s’annoncent déjà compliquées si la situation ne vient pas à s’améliorer.

Contrairement à la campagne pour le 1er tour où  il s’était totalement investi, Manuel Valls n’a pas pu faire autant campagne pour son parti à cause du crash de l’A320. Devant un tel désaveu, il a été obligé de reconnaitre une défaite incontestable. Cependant, encore une fois, il a préféré axer sa réaction sur le score du FN, parlant d’un véritable défi pour les républicains et déclarant que:« chacun devra en tirer les leçons ». Rien de nouveau donc ! Il semblerait que le premier ministre n’ait toujours pas compris que l’heure n’est plus à la posture morale et que les électeurs du FN sont totalement décomplexés. Il ne suffit pas de dire qu’il faut faire des constats, réaction souvent à chaud mais jamais suivi d’effets !

Le FN peut certes être déçu de ne pas avoir remporté un département mais il aura tout de même 62 élus, un score au-delà des 50 annoncés dans la soirée.  Il continue sa progression au nord et au sud, s’implantant sur le plan local de manière forte. Il est toutefois assez drôle de voir les premières réactions: ouf, le FN n’a pas de département. Il y a encore quelques un an ou deux, c’était: ouf le parti n’a qu’un ou deux élus. On ne peut apparenter cette réaction qu’à du déni ou à de l’autisme, qui d’ailleurs continuent de favoriser le parti de Marine Le Pen, d’autant plus que le parti a toute la classe politique contre lui quand ce n’est pas une bonne partie des médias. La réalité est bien que le parti frontiste est en progression exponentielle et qu’il voudrait bien concrétiser son temps fort en marquant un essai c’est-à-dire en remportant les régionales, un scrutin qui lui est plus favorable !