Élection dans le Doubs: le FN est dans une dynamique de conquête 

frédéric barbierC’est donc sur la plus petite des marges que le PS garde son siège dans la 4ème circonscription du Doubs (ndlr: 51,43% contre 48,57%). Cette élection dépasse depuis longtemps largement le cadre régional et local. Le taux de participation a été d’ailleurs en hausse et largement. On frôle les 50%, ce qui est significatif d’une forte mobilisation d’un certain électorat. Le vote blanc fait 5,32% et comme on a le dit communément, il profite au vainqueur. Le ni-ni, prôné par l’UMP, aura donc été en partie suivi.

Si à gauche on est soulagé, on est loin de se réjouir:« Le résultat qui est le nôtre ce soir ne me donne pas envie de pavoiser, de sourire ou de faire la fête », a déclaré le candidat socialiste Frédéric Barbier, ambiance plutôt morose ! D’ailleurs le candidat avait fait le choix de ne pas afficher le logo de son parti sur les bulletins de vote, laissant le seul slogan: »ensemble pour la République », un choix plus que significatif et révélateur. Ce n’est pas la première fois que le PS fait ce choix. Le code électoral n’impose donc pas le logo du parti. Il faut maintenant savoir sous quelle étiquette le candidat a déposé sa candidature. Avec quel groupe va-t-il siéger ? C’est une question que certains se posaient. Toutefois, à cause de la forte médiatisation, les électeurs ne pouvaient pas ignorer l’appartenance politique de Frédéric Barbier. Il n’en reste pas moins qu’on devrait empêcher cet état de fait, qui est un manque d’honnêteté par rapport aux électeurs. Les militants socialistes doivent apprécier de savoir que leur candidat n’ose pas afficher le logo de son parti !

Le FN a considéré sa défaite comme une victoire. Le parti frontiste est loin d’avoir tort au vu du contexte médiatique très défavorable. Tout a été fait pour dissuader les électeurs de voter FN. Toutefois, soyons clair on a assisté à une récupération de l’électorat ouvrier des deux côtés. C’est d’ailleurs assez hypocrite de voir Manuel Valls pavoiser dans l’usine PSA quand son gouvernement allait inaugurer une usine Renault en Algérie en novembre dernier. Il y a eu de quoi dégoûter plus d’un électeur du Doubs de la politique, en se voyant ainsi récupéré et dicté son vote. Sophie Montel gagne d’ailleurs le vote symbolique de la ville de Sochaux avec 51,26% des voix, une ville où le candidat socialiste François Hollande a fait 58,26% au deuxième tour de l’élection présidentielle. Mais elle perd largement à Audincourt, une ville à 45% ouvrière; à Pont de Roide ou encore à Valentigney. Elle est en tête dans plusieurs grosses communes: Hérimoncourt, Mandeure et Seloncourt. A Fesches-Le-Chatel, le village du candidat UMP Charles Demouge, elle fait 56,74%. Première dans 32 communes sur 56, Sophie Montel a perdu des voix dans les communes de plus de 1000 habitants où le PS a réalisé de très bons scores ( 57,47% à Audincourt ou 60,23% à Pont de Roide). Cela lui aura coûté la victoire mais le FN s’implante bien dans les milieux ruraux et bénéficie d’une réelle dynamique de conquête.

On ne peut plus parler de Front Républicain et certains évoquent même un certain tripartisme, réalisant les ambitions d’un FN toujours plus haut. Si l’UMP ne reprend pas une politique clairement de droite, il risque de se voir encore plus relégué au profit d’un duel FN-PS. Au final, la question de la consigne de vote aura été surtout une préoccupation des cadres du parti pour occuper l’espace médiatique. Sur le terrain, les militants ou sympathisants UMP ont voté selon leur propre appréciation et n’hésitent plus pour certains à voter FN. Comme le déclarait Geoffroy Didier, secrétaire national de l’UMP, sur Twitter:« Dans le Doubs, le front républicain a survécu mais disons la vérité : il est en soins palliatifs. Les postures morales, c’est terminé. » Pendant ce temps, le PS continue de s’étonner du score du FN mais les discours n’ont pas changé quand un certain premier ministre déclare que dans cette élection, Frédéric Barbier était le candidat des républicains. On ne pourra pas continuer à mépriser et à exclure une partie de l’électorat indéfiniment. C’est terminé et c’est surtout un discours peu digne d’un démocrate ! Les prochaines élections départementales et régionales s’annoncent déjà déterminantes !