Des extrémistes hindous brûlent des images de Mère Téresa et demandent le départ des missionnaires chrétiens 

 Un groupe de militants hindous de l’organisation Sena a brûlé des images de Mère Teresa de Calcutta à New Delhi (Inde) le 26 février et demandé au gouvernement d’interdire la présence des missionnaires chrétiens en Inde. La réaction violente s’est produite après que Mohan Bhagwat, chef de l’organisation nationaliste indienne Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), ait critiqué, le 23 février, Mère Teresa prétendant que son service auprès des pauvres n’avait comme seul but que de les convertir au christianisme. Inaugurant un orphelinat et un foyer pour femmes géré par une ONG locale,il a déclaré : « Ici, il n’y aura pas de services tels que ceux que fournissait Mère Teresa. Il est possible que son travail ait été bon, mais il y avait une raison derrière ce service. Il n’avait qu’un but, convertir la personne aidée à devenir chrétienne « , a déclaré Bhagwat, au milieu d’une vague d’attaques contre des églises catholiques à New Delhi, qui a commencée il y a trois mois. Ses paroles ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et des manifestations publiques, telles celles du 26 février, où ses partisans ont brûlé des images de Mère Teresa.

Les partis politiques opposés au gouvernement ont exigé que le RSS et le Premier ministre, Narendra Modi, fassent un communiqué dénonçant les déclarations de Bhagwat. L’évêque de Poona (Inde), Mgr Thomas Dabre, a dit que « les services de Mère Teresa reflètent les enseignements de Jésus-Christ : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », et son service pour les autres était inconditionnel, généreux avec les lépreux, les malades, les abandonnés et les souffrants, et pour les gens de toutes les religions. Des centaines de milliers de personnes qu’elle a servi étaient de différentes religions. S’ils restaient fidèles à leurs religions, elle ne leur pas a refusé ses services. » Mgr Dabrea rejeté les allégations de Bhagwat affirmant que « beaucoup de gens de différentes religions se sont joints à Mère Teresa pour servir les nécessiteux et les souffrants, et parmi eux certains étaient hindous, de sorte que les faits prouvent que M. Bhagwat se trompe » 

Gaja Nayak, avocat indien, a indiqué que: « les critiques vindicatives sont comme les parasites, elles profitent des travaux et réalisations des autres. Certaines peuvent être constructives, mais beaucoup sont relatives à l’argent, au pouvoir ou à la haine. Mère Teresa répandait l’amour et la bonté, c’est ce qui fait la différence. Peut-être que les gens ont oublié le passé historique de la grande famine du Bengale en 1943, et avant et après l’ère d’indépendance, au cours de laquelle Mère Teresa a offert sa vie et son âme à aider les marginalisés et opprimés » a-t-il dit. La Conférence des évêques catholiques de l’Inde a également rejeté les attaques, dans une déclaration du 24 février. « Il est tout à fait regrettable que les services d’une femme reconnue et primée du Nobel et Bharat Ratna soit traînée dans des conflits injustifiés », ont déploré les évêques. « Mère Teresa n’a jamais eu d’agenda caché et jamais utilisé ses services comme un front pour la conversion. Elle a toujours maintenu que sa principale préoccupation était de soulager la souffrance des personnes et d’aider les pauvres et les souffrants à mener une vie de respect de soi. » Les évêques ont également souligné l’importance de défendre la liberté d’expression de tous les citoyens de l’Inde, en espérant que la « vieille passion de la nation pour la vérité, le soutien objectif du travail humanitaire et la compassion pour les pauvres et la souffrance ne soit pas mis en danger par un quelconque motif cynique ou gestes intolérants «  Mère Teresa de Calcutta, fondateur des Missionnaires de la Charité et lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1979, est décédée le 5 Septembre 1997 à Calcutta (Inde) et a été béatifiée par Jean-Paul II, le 19 Octobre 2003 . En 1980, Mère Teresa a reçu le prix Bharat Ratna, la plus haute distinction pour un citoyen public civil en Inde.