Chrétiens d’Orient: la classe politique à l’unanimité contre la RATP 

chrétiens d orient affiche RATPLa décision de la RATP de supprimer la mention pour les chrétiens d’Orient sur les affiches du concert des Prêtres aura eu pour conséquence de voir la classe politique prendre la défense des chrétiens d’Orient de gauche à droite. La polémique n’aura cesser d’enfler tout au long de la semaine, provoquant des réactions en série. Le premier à réagir a été le député du parti radical de gauche: Joël Giraud mais depuis des partis se sont emparés de la polémique.

On a eu la lettre ouverte de Walleyand de Saint-Just, trésorier du FN, demandant à la RATP de revenir sur cette décision: « beaucoup ont pris fait et cause pour la situation dramatique de ces populations. Des initiatives ont été prises par les plus hautes autorités de l’État. Il s’agit d’une cause qui dépasse les clivages…Votre prétendue obligation de neutralité est en réalité réservée à certains. Votre intolérance et votre absence totale de compassion sont très choquants. »  Valérie Pécresse, député UMP et présidente du groupe d’études sur les chrétiens d’Orient, a fait part de sa totale incompréhension dans un communiqué: « le terme « chrétiens d’Orient » regroupe différentes minorités qui font aujourd’hui l’objet d’une destruction systématique et programmée par l’organisation terroriste de Daesh.Il est choquant de mettre Daesh et les chrétiens d’Orient massacrés au même niveau. Il ne s’agit donc pas d’une cause « religieuse » mais d’une cause « humanitaire» Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a parlé d’une lâcheté du gouvernement: « L’État, qui se cache ainsi derrière sa Régie des transports parisiens et invoque par lâcheté une conception fallacieuse de la neutralité religieuse, est en réalité coupable de non-assistance à population en danger de génocide. Comble de la maladresse ou de l’indifférence, cette posture indigne est affichée en plein week-end pascal, moment symbolique pour des millions de Français, pratiquants ou non. Le gouvernement doit ordonner immédiatement à la RATP de revenir sur sa décision et laisser apporter un vrai soutien à ces millions de civils menacés d’extermination culturelle voire physique par le mouvement terroriste et totalitaire dit Daesh. »

Le PCF y a vu une atteinte à la liberté d’expression et a protesté contre cette décision dans un communiqué: « sous couvert d’une sorte de dogme et dans une attitude d’intransigeance mal-placée, la laïcité est de plus en plus souvent invoquée à contre-sens…La laïcité, principe républicain essentiel, condition d’un vivre ensemble harmonieux, n’a nul besoin d’interdictions de ce genre. Elle appelle à mener les batailles pour la liberté de pensée et la liberté d’expression comme pour l’égalité de droits réelle et effective, pour une souveraineté populaire pleine et entière. » Jean-Luc Mélenchon a également réagi: « Pour moi, cet affichage n’est en rien une atteinte à la laïcité. Celle-ci exige la séparation des églises et de l’état et postule que l’état ne reconnait ni ne salarie aucun culte. Rien de tout cela n’est concerné par cet affichage dans le métro. Le message de cette publicité ne comporte aucun appel communautaire ni aucune incitation à l’encontre d’un quelconque autre groupe de personnes ou d’une autre religion. Enfin les chrétiens d’Orient sont bel et bien persécutés du seul fait de leur appartenance religieuse et compte non tenu des engagements politiques que chacun d’entre eux peut avoir dans son pays respectif qui sont variés et très directement reliés à l’histoire de la nation à laquelle ils appartiennent. Dans ces conditions les partisans de la laïcité sont plutôt appelés au devoir de solidarité avec les membres d’une minorité religieuse persécutée...Dans ces conditions l’interdiction faites aux amis des chrétiens d’orient persécutés se présente plutôt comme une discrimination qui est elle-même peut être assimilé a une atteinte a la laïcité dans la mesure où elle est le fait d’une service public. »

Jean-Christophe Cambadélis, président du PS, s’est dit étonné de cette décision dans un communiqué officiel du PS:  » En quoi cette mention pour une initiative, privée mais tout-à-fait régulièrement organisée, serait-elle attentatoire à « la neutralité du service public », particulièrement dans le cadre d’un conflit armé, alors même que les Chrétiens d’Orient ne sont en l’espèce que des victimes des uns comme des autres ? La République française, laïque, qui porte à la tribune des Nations Unies le drame quotidien vécu par les populations civiles de Syrie et d’Irak, dont les Chrétiens d’Orient, ne peut chez elle dans le métro parisien être indifférente à leur sort. » Le premier ministre Manuel Valls a réagi sur son compte Twitter. Jean-Vincent Placé d’EELV s’est également indigné de cette décision et l’a trouvée aberrante.

Pour l’instant, la RATP n’a permis que la mention de L’Oeuvre d’Orient, interdisant toujours celle: « pour les chrétiens d’Orient. » La CHREDO (Coordination Chrétiens d’Orient en Danger) a saisi en référé le tribunal de grande instance de Paris pour contraindre la RATP à permettre ces affiches. L’audience doit avoir lieu le 8 avril à 10h. En tout cas, cette soudaine condamnation unanime des politiques ne permet plus à Libération de dire que cette censure fait enrager les « cathos réacs ». Cette polémique, toujours pas terminée, aura permis de constater que quand les catholiques se mobilisent un tant soit peu, ils peuvent porter le débat et faire intervenir des politiques de tous bords !