Ces Français qui détestent le PSG 

psg coupe de la ligueHier soir, pour la troisième fois de suite, le PSG a été éliminé en quart de finale de la Ligue des Champions par le Barça. Le club parisien se dirige actuellement vers un triplé historique en France. Succédant à Lyon, après un bref intermède où aucun club français n’a vraiment dominé le championnat, le PSG est parti pour une décennie de titres. Malgré des noms de joueurs prestigieux, le club n’arrive toujours pas à séduire en France et provoque un rejet d’une partie des français, non seulement des amateurs du foot mais aussi de ceux qui s’en désintéressent. Hier soir, ils étaient une partie à se réjouir de l’élimination parisienne au lieu de s’attrister de l’élimination d’un club français. Ils seront sans doute plus nombreux à soutenir Monaco ce soir. Alors pourquoi cette aversion ? Qui sont ces Français qui détestent le PSG ? Nous en avons dégagé trois catégories.

  • Les anti-Qatar : Nasser al-Khelaïfi, président du PSG, a beau être discret et prendre peu la parole dans les médias, il ne peut faire oublier que le PSG appartient à un fonds qatari : Qatar Investment Authority. Le Qatar n’a pas une très bonne image en France alors qu’il rachète le patrimoine français, des pans de son économie et qu’il investit dans le domaine sportif. On lui reproche ses liens avec le terrorisme et son influence dans les révolutions du Printemps Arabe. Qu’on le veuille ou non, le rejet est aussi politique et c’est pourquoi il n’est pas étonnant d’y retrouver des militants du Front National ou des mouvements plus nationalistes même si le PSG est sans aucun doute une des équipes les moins « africanisées » du championnat et qu’ils ont oublié au passage Monaco qui est aux mains d’un homme d’affaires russe. Ils y voient ainsi une perte de souveraineté de la France et de son patrimoine dont le football français fait partie, tout en rejetant de supporter un club, devenu une vitrine du Qatar qui veut étaler sa puissance en partie par l’argent et le sport. Le meilleur exemple de ce rejet est la banderole des supporters bastiais lors de Bastia-PSG.

 

  • Les opposants au football business : en France, on aime avoir le complexe du « petit poucet ». On jalouse les grands et ceux qui ont l’argent. On préfère les travailleurs, qui se hissent grâce au courage et à l’abnégation. Tout le monde a vibré pour Guingamp en coupe de l’UEFA car c’est le petit club breton de campagne qui a lutté avec ses armes (ouf on peut encore trouver des bretons dans l’équipe : l’entraîneur Jocelyn Gourvennec et les joueurs Christophe Kerbrat et Sylvain Marveaux). On déteste les clubs qui dominent outrageusement grâce à l’argent sans véritable opposition ou concurrence. Déjà à son époque, Lyon n’avait pas réussi à créer un véritable engouement populaire comme Saint-Étienne avait pu le faire. Depuis l’argent a inondé le football et le football populaire semble reléguer dans le domaine du nostalgique. Il faut y ajouter le phénomène que certains spécialistes du football appellent le « clubisme » qui consiste à soutenir son club avant tout et à préférer voir perdre un club français dans une compétition européenne, surtout si c’est un rival historique.

 

  • Les anciens ultras parisiens : chassés du Parc des Princes par le plan Leproux en 2010, les ultras parisiens ne cessent de revendiquer leur retour dans les tribunes en tant que supporters historiques et pour défendre l’identité parisienne du club. Pour l’instant, les relations sont totalement coupées avec la nouvelle direction parisienne, toujours aussi sévère pour garantir la sécurité au Parc des Princes. Alors que le public parisien est devenu bon enfant, consommateur et qu’il est devenu le rendez-vous de politiques branchés, la priorité du PSG n’est certainement pas les ultras. Ces derniers temps, il y a eu de nouveaux clashs entre les deux : supporters refoulés du stade, impossibilité de commander des billets, prix des places qui explosent pour écarter un certain public. Certes, ils supportent toujours derrière le PSG mais semblent plutôt dans la nostalgie d’un PSG qui n’existe plus. Ils sont plus occupés à défendre leurs intérêts qu’à soutenir le club. Ils dénoncent les nouveaux supporters du PSG, qualifiés de « footix ». Leur grief est surtout dirigé contre la direction du club parisien. Leur position est donc plus complexe.

 

Ils sont donc assez nombreux à surtout attendre le mardi ou le mercredi qu’un club européen donne une leçon de football au PSG. Malheureusement à Chelsea, c’est l’inverse qui s’est produit. Malgré son élimination face au Barça, le club parisien a pourtant bien géré son argent contrairement à d’autres clubs en Europe comme Manchester City qui n’a toujours pas réussi à s’imposer en Ligue des Champions malgré ses grands moyens financiers (le club n’a pas dépassé le stade des huitièmes de finale). Cependant le club n’a toujours pas acquis une réelle popularité en France alors que son image est devenue du marketing dans les principautés de la péninsule arabique ou en Asie. Mais ce n’est pas sûr que cela soit la priorité de la direction parisienne. À côté Monaco, malgré son statut particulier dans le championnat français et son budget important, a toujours un capital sympathie de la part des français sans doute parce qu’il est plus discret, moins « paillette » et qu’il a encore un peu de mal à avoir un projet cohérent et donc à écraser la concurrence. Mais surtout, il est vu comme l’un des seuls adversaires sérieux du PSG et c’est pour cela que beaucoup aimerait que le club franchisse un palier !