Boutros Marayati, archevêque catholique d’Alep: « Nous payons les guerres saintes des autres» 

L’offensive dans la région d’Alep, lancée par le gouvernement syrien avec le soutien des frappes aériennes russes, en plus de la fuite massive de civils vivant encore dans ces zones, est à l’origine de répercussions dans les zones urbaines centrales de la métropole syrienne, toujours sous contrôle de l’armée d’Assad.

L’archevêque arménien Boutros Marayati raconte la réalité de la population, fatiguée de tant de guerre. « Ces derniers jours, » dit l’archevêque arménien, « il n’y a pas d’électricité, les tirs de missiles et de mortiers se sont intensifiés. Nous fonctionnons avec des générateurs à essence, tant que nous en avons encore, et l’eau est tirée des puits. «  Les vagues nouvelles sur les opérations militaires en cours dans la région donnent également des réflexions contrastées sur l’état psychologique de la population. « D’une part, » dit l’archevêque catholique arménien d’Alep, la population sent qu’il est sur le point de se passer quelque chose et nombreux sont ceux qui espèrent que le siège, qui pèse depuis des années sur nos quartiers, pourra vraiment finir. D’un autre côté, il est désormais évident pour tous que le niveau décisif sur lequel tout se joue est celui de la géopolitique. Les puissances mondiales, en collaboration avec les puissances régionales, combattent la guerre sur le territoire syrien. Si elles le voulaient vraiment, elles pourraient la faire finir en quelques jours ou la continuer jusqu’à on ne sait quand »

L’’archevêque Marayati considère comme trompeuses les déclarations de certains dirigeants des églises chrétiennes qui ont invoqué la «guerre sainte» contre les djihadistes de l’ auto-proclamé califat. « Maintenant« , dit l’archevêque catholique arménien, « il y a ceux qui étiquettent comme «guerre sainte», même l’intervention de la Russie en Syrie, mais je me souviens que lorsque les États-Unis sont intervenus en Irak, certains, dans les milieux américains, donnait aussi à cette opération militaire l’étiquette de «guerre sainte». En fait, ceux qui interviennent se déplacent toujours pour d’autres intérêts. Et ceux qui utilisent ces expressions ne connaissent pas l’histoire et la psychologie des gens du Moyen-Orient. En fin de compte, nous, chrétiens d’ici payons toujours les «guerres saintes» des autres « .