Besançon : l’armée au contact de la population 
reportage

le  Bagad de Lann Bihoué et la Nouba du 1er régiment de tirailleurs

le Bagad de Lann Bihoué et la Nouba du 1er régiment de tirailleurs

Le 7 et 8 octobre, se tenait une grande animation « les armées dans la cité », esplanade des Droits de l’Homme à Besançon juste en face de l’Hôtel de ville. Depuis 10 ans, c’est sans doute la plus grande animation militaire à Besançon sur deux jours. Plusieurs régiments étaient présents : le 19ème RG (régiment du génie) et le 6ème RMAT (régiment du matériel) de Besançon ; le 13ème RG du Valdahon ; le 511ème régiment du Train d’Auxonne, des stands de recrutement des trois composantes de l’armée : Terre, Air, Marine même si aujourd’hui le recrutement est mutualisé dans les CIRFA (Centre d’Information et de Recrutement des Forces Armées). La gendarmerie était aussi présente mais plus discrète. Dans leur globalité, les militaires étaient satisfaits de ces deux journées au contact de la population pour parler de leur métier et recruter.

Les raison de cette manifestation étaient multiples mais il s’agissait avant tout de : « rayonner auprès de la population, de montrer du matériel et de recruter », nous expliquait un militaire au stand du CIRFA qui a rappelé que l’armée c’est 15.000 emplois par an. « L’armée a, en général, une bonne image auprès de la population », a-t-il ajouté. L’initiative a été prise par le général Lesimple, chef d’état-major de force n°1. Dans le fond, c’était également l’occasion de faire de la publicité pour le concert du Bagad de Lann Bihoué, dont la recette a été entièrement reversée à l’association Terre Fraternité, qui soutient les blessés de guerre. La présence du Bagad ainsi que celle de la Nouba du 1er régiment de tirailleurs avec sa mascotte vivante, le bélier Messaoud V, ont été très remarqués et applaudis dans les rues bisontines. On fêtait également deux anniversaires : les 80 ans du 19ème RG et les 30 ans du 6ème RMAT, qui a pris quartier dans la capitale comtoise il y 10 ans. Cela faisait beaucoup d’événements.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAu stand du 19ème RG, un sergent nous a expliqué que les journées avaient été extrêmement positives. Il était plutôt fier de son stand : « qui a eu beaucoup de succès. » Le régiment du génie avait choisi d’avoir de l’interactivité avec les populations et de ne pas se cantonner à des expositions-photos : soldat du futur avec la tenue Félin, combattant type Afghanistan, musette standard d’un militaire, atelier de déminage, 2 véhicules etc…Il faut dire que le régiment a l’habitude d’organiser des portes ouvertes assez régulièrement et a donc un bon savoir-faire en la matière. Le sergent nous a toutefois signalé que le public était un peu différent : « lors des portes ouvertes, c’est plus familial peut-être aussi parce qu’elles ont lieu le week-end. C’est l’occasion de montrer à la famille notre environnement de travail, de présenter ses collègues. Ça rassure. Là, on a des enfants mais aussi des anciens appelés qui ont connu le service militaire. Des étudiants passent également nous voir. Certains s’intéressent aux métiers de l’armée. On ne cache pas qu’ils sont notre cible principale. » En ce sens, la manifestation était bien placée puisque cette esplanade est un lieu de passage entre la Faculté de Lettres de Mégevand et l’autre pôle qui se trouve dans l’ancienne Faculté de Médecine de Saint-Jacques.

L’accent était aussi mis sur la réserve, qui connait depuis quelques semaines une publicité accrue à cause de l’opération Sentinelle. Le sergent nous rappelait d’ailleurs que les réservistes n’étaient pas seulement déployés dans des OPINT (opérations intérieures) mais parfois aussi dans des OPEX (opérations extérieures) comme en Guyane. Il n’est cependant question de les envoyer sur des théâtres d’opération plus dangereux et exigeants comme le Mali ou la Centrafrique. Pour le sergent, la réserve est bien plus vendeuse : « C’est intéressant, pécuniairement parlant. Le nombre de jours d’activités par an se situe entre 15 et 30 jours. La réserve est plus stricte et plus exigeante. On se retrouve quelques jours par mois et on donne tout pendant ce court laps de temps. Quand on est militaire d’active, parfois on peut faire tomber la pression. » Mais le sergent estime surtout que : « la réserve est moins effrayante. L’engagement fait peur aujourd’hui aux jeunes. C’est générationnel. » D’ailleurs l’armée ne fait que s’adapter à cet état de fait avec un large éventail de contrats de tout type : de 3 à 10 ans pour ceux qui ne comptent pas faire militaire de carrière. Dernièrement, un contrat de 2 ans a été mis en place. Un premier contrat de ce type a été signé ce mois-ci au CIRFA de Besançon.

OLYMPUS DIGITAL CAMERADu côté du stand du 6ème RMAT, un capitaine nous confiait qu’il n’avait pas eu beaucoup de monde mais il faut dire qu’il était un peu l’écart par rapport aux autres. Ce n’est pas facile d’exposer une grosse dépanneuse militaire sur une esplanade de taille moyenne. Le panneau de pub a été descendu un peu plus bas, la deuxième journée, pour attirer les gens. Dans leur majorité, les gens venaient s’informer. Le mercredi matin, une JDC (journée Défense et Citoyenneté), traditionnellement organisée par le 6ème RMAT à Besançon, s’était juxtaposée et était donc plus dynamique avec des animations. L’occasion était belle car la journée a été sans doute plus attrayante pour les jeunes qui y ont participé. Contrairement à son voisin du 19ème RG, le régiment n’organise pas de portes ouvertes car cela demande beaucoup trop d’organisation. L’accent est beaucoup mis aussi sur la réserve. Un autre officier nous disait que le régiment avait plus de réservistes techniciens que de réservistes combattants. D’ailleurs le 6ème RMAT a aussi participé à l’opération Sentinelle.

C’était l’occasion pour le régiment de mettre en valeur l’arme du Matériel, qui fête ses 75 ans d’existence. Les projecteurs sont rarement braqués sur cette arme mais qui est essentielle. Même les parachutistes en ont besoin car les parachutes passent par la maintenance. En plus de la maintenance, le régiment s’occupe de de la réparation. Les véhicules à réparer sont envoyés au régiment ou alors les mécaniciens se déplacent si les véhicules sont trop importants pour être déplacés. Les militaires du Matériel ont aussi été déployés dans des OPEX. Les opérations Barkhane et Mali usent beaucoup plus vite le matériel et demandent donc plus de réparations. Une exposition avait été organisée pour mettre en valeur l’histoire de cette arme. Elle avait été élaborée par le musée du Matériel à Bourges, où se trouve aussi l’école militaire du Matériel. Elle partait de 1940, le 1er fait d’armes du Matériel avec le 1er escadron du Train qui camoufle le matériel de l’armée française tout en répertoriant les différentes caches, pour finir avec les théâtres d’opérations les plus récents. Appelé à réagir sur la période afghane, le capitaine du 6ème RMAT a déclaré : « ça nous a fait du mal mais aussi du bien. » Il nous racontait que les cabines des dépanneuses, au départ, n’étaient pas blindées mais l’armée s’est adaptée et a évolué. Aujourd’hui, les nouvelles dépanneuses ont des cabines blindées. L’exposition était intéressante pour tous les férus de l’histoire militaire. Dommage qu’elle n’ait pas été mieux mise en valeur à cause de son emplacement ! Elle n’était pas signalée sur le programme contrairement à l’exposition de maquettes de la Marine, qui se situait dans une salle de la mairie.

En plus de ces animations, une prise d’armes importante a eu lieu le jeudi soir dans la cour d’honneur de l’Hôpital Saint-Jacques devant une foule importante. Elle a été animée par le Bagad de Lann Bihoué et la Nouba du 1er régiment de tirailleurs. L’ordre du jour rappelait l’attachement de Besançon à son armée, qui tient une place très importante dans la ville. L’armée en Franche-Comté a été relativement épargnée par les récentes restructurations. Cette grande opération de communication, auprès de la population, semble avoir été un succès. On n’a pu noter seulement le passage d’un groupe de quelques anarchistes, qui avec un mégaphone, s’est insurgé contre les guerres impérialistes et les armes sous le regard impassible des militaires, qui avaient été avertis. Aucun incident n’a été signalé. L’ambiance était bonne enfant. Au vu du succès, ce genre d’opération pourrait bien être renouvelé !

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