Belgique: un premier cas d’euthanasie devant la justice

La Commission fédérale de contrôle de la loi euthanasie a transmis un dossier à la Justice, rapporte le quotidien La Libre Belgique. C’est le tout premier cas depuis que l’instance de contrôle a été mise en place. En cause: un médecin n’aurait pas respecté les conditions imposées par la loi sur l’euthanasie du 28 mai 2002. La commission a pris cette décision à l’unanimité mardi soir. Selon des informations du quotidien belge, le médecin en cause serait le docteur Marc Van Hoey, médecin généraliste et par ailleurs président de « Recht op waardig sterven », l’équivalent en Flandre de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). La patiente concernée, Simone, a été euthanasiée dans sa maison de repos à Anvers le 22 juin dernier, la veille, précisément, de son 85e anniversaire. Les membres de la Commission n’ont pas voulu s’exprimer sur leur décision.

La fin de vie de Simone a été filmée par un journaliste australien qui a tourné un documentaire de 52 minutes (diffusé sur la chaîne « SBS News »).  On y voit Simone dans son home prendre son petit déjeuner, faire du vélo d’appartement, papoter avec les autres résidents qui sont pour beaucoup bien moins vaillants qu’elle. Mais la vieille dame, qui a perdu sa fille 3 mois auparavant, veut mourir pour la rejoindre. « Le chagrin est une douleur insupportable », explique-t-elle au journaliste. Simone ne souffre pas d’un problème physique particulier qui entraîne d’affreuses souffrances ni d’une maladie psychique. Face caméra, le docteur Marc Van Hoey, son médecin traitant, en convient. « Elle ne veut pas mourir parce qu’elle est dépressive. Non. Mais parce qu’elle en a marre ». En avoir marre de la vie? Ce n’est pas un diagnostic médical qui entre dans les conditions de la loi de 2002.

Interrogé par le journaliste, le médecin explique qu’il va indiquer « dépression réactive » sur la déclaration d’euthanasie et préciser qu’elle était impossible à traiter.  Le médecin n’a pas davantage consulté un troisième confrère, comme l’exige la loi sur l’euthanasie quand le décès du patient n’est pas prévu avant brève échéance. Pourquoi? « Pas de problème », répond encore le docteur Van Hoey au journaliste australien. Comment en est-il sûr? « Mon expérience ». Le parquet pourrait en juger autrement. S’il n’a pas respecté les conditions de la loi sur l’euthanasie, le médecin risque d’être poursuivi pour assassinat.

Les Dossards Jaunes, un mouvement citoyen belge qui veut alerter sur la loi de l’euthanasie, se félicite du travail du journaliste étranger.