Belgique: des ex-militaires sont partis faire le djihad en Syrie 

On se souvient que le cas d’une dizaine d’anciens militaires français, partis faire le djihad en Syrie, avait provoqué une inquiétude médiatique. Depuis, on en entend plus parler. Il semblerait que désormais cela soit la Belgique, l’un des pays européens qui fournit le plus de djihadistes en pourcentage de sa population après le Danemark, qui soit concerné par ce phénomène. Mi-février dernier, l’armée belge avait confirmé la présence d’un ancien militaire dans les ranges de l’EI: Lotfi Aoumeur. Ce dernier a été militaire dans l’armée belge de 2010 à 2012 où il était volontaire dans la composante médicale. Parti de son propre chef, il aurait quitté la Belgique pour l’Algérie il y a un an avant de rejoindre la Syrie. Dans un vidéo, il menaçait la France et la Belgique d’attentats.

Dorénavant il n’est plus un cas isolé puisque le ministre de la Défense Steven Vandeput a donné plus de précisions en commission de la Chambre. Deux ex-militaires belges se battent actuellement en Syrie, aux côtés de djhadistes. Ils avaient déjà quitté l’armée avant de rejoindre le Moyen-Orient. Un troisième ex-militaire est revenu blessé de la région alors qu’un ancien réserviste y est décédé. L’un d’eux avait déjà quitté l’armée en 2008 et était connu pour ses liens avec des cercles radicaux alors que l’autre avait déjà été renvoyé avant que le conflit en Syrie n’éclate, voici quatre ans. L’ex-militaire qui est revenu blessé avait lui aussi été renvoyé pour désertion. Le réserviste décédé avait quitté l’armée en 2010.

Le service de renseignement de l’armée (SGRS) n’a pour le moment «  aucune indication selon laquelle un militaire se serait à ce point radicalisé que son comportement ne correspondrait plus aux valeurs de la Défense  », a expliqué Steven Vandeput en réponse à des questions des députés Georges Dallemagne (CDH), Sebastian Pirlot (PS) et Veli Yüksel (CD&V).

Depuis le 1er janvier 2013, les candidats militaires font l’objet d’un contrôle qui prend en compte la criminalité et la radicalisation. Les personnes à risque peuvent dès lors être écartées. Il est en revanche beaucoup plus difficile de renvoyer un militaire sur la base d’idées extrémistes.