Avortement: les députés suppriment le délai de réflexion

Les députés ont voté la suppression du délai de réflexion de sept jours obligatoire entre la première et la deuxième consultation pour obtenir une interruption volontaire de grossesse, dans la nuit de mercredi à jeudi 19 mars, lors de l’examen en commission des affaires sociales du projet de loi sur la santé.

« Ce délai est infantilisant et stigmatisant », a affirmé Catherine Coutelle (PS), présidente de la délégation aux droits aux femmes de l’Assemblée. Ses opposants affirment qu’il peut entraver l’accès à l’IVG dans les régions ou pendant les périodes où il est difficile d’obtenir des rendez-vous, et amener des femmes à dépasser la période légale de 12 semaines de grossesse pour avorter. Pour Mme Coutelle, il s’agit d’une « concession » qu’avait dû accepter Simone Veil, lors du vote de la loi sur l’avortement de 1975. Le député UMP Arnaud Robinet a regretté ce choix: « Je trouve dommage que l’on revienne sur un tel sujet à 2 heures du matin, revoir ainsi l’équilibre de la loi Veil, ce n’est pas sérieux » tout comme la député FN Marion Maréchale Le Pen.

La mesure sera de nouveau discutée par les députés lors de l’examen du projet de loi santé dans l’hémicycle, qui démarre le 31 mars.

Dans un communiqué, Alliance Vita a dénoncé cette suppression. Pour Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute de l’association, on méconnait la réalité des femmes qui ont recourt à l’avortement: »En prétendant simplifier toujours davantage l’accès à l’IVG, on occulte la complexité des dilemmes qui les font hésiter. On leur interdit la possibilité de trouver une solution et d’éviter un acte définitif. Une vie est en jeu, ce qui n’est tout de même pas le cas pour d’autres décisions pour lesquelles un délai de réflexion est requis par la loi. N’oublions-pas que pour une immense majorité de femmes, l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre. Notre société a besoin d’une véritable politique de prévention et d’accompagnement à destination de ces femmes dont la grossesse est imprévue.  » Alliance Vita demande également aux parlementaires, quand le projet de loi sera examiné en séance publique dans quelques jours, de maintenir ce délai de réflexion et de voter des mesures pour développer cette politique de prévention et d’accompagnement dont les femmes ont besoin.