Au secours Corneille, Racine et Molière ! 

th (2)Il était d’usage, autrefois, d’écrire correctement. Les instituteurs, dans les écoles, enseignaient la grammaire et l’orthographe à leurs élèves; ces derniers, de leurs belles écritures que l’on retrouve parfois dans les cahiers de nos ancêtres, s’appliquaient à noter les mots de la dictée. Le vocabulaire complexe n’était là que pour enrichir leur connaissance de la langue française. Les changements opérés à l’Académie française et dans les dictionnaires allaient dans ce sens-là.

Or, aujourd’hui, il semble que la méthode soit radicalement opposée. Que constate-t-on ? Une réforme orthographique datant de 1990, laissée dans l’ombre jusque là, réapparaît soudain en 2016 comme par « enchantement ». L’accent circonflexe que nombre d’entre nous, jeunes ou moins jeunes, avons peiné à utiliser, serait en voie de disparition. De même, certains traits d’union, certaines tournures du participe passé et certains sons comme « ph » seraient menacés. On n’écrirait plus « oignon » mais « ognon ». Les réseaux sociaux ne cessent de relayer le tout,

Le langage verbal, beaucoup plus simple à écrire, prend le pas sur le style écrit et les mots complexes. Cela facilite la tâche à certains, c’est une évidence: les enfants n’auront plus autant de mal à apprendre leur vocabulaire, les adultes n’auront plus à trop réfléchir, les étrangers s’en sortiront mieux à écrire le français et ainsi à s’intégrer. La France pourra davantage s’ouvrir… tels sont les arguments avancés par le Ministère de l’Education nationale.th

Mais, jusqu’à quel degré de médiocrité, la France sombrera-t-elle? Nous ne sommes pas des partisans du « c’était mieux avant » quoique souvent cela se vérifie. Néanmoins, peu à peu, tous les domaines de l’éducation sont touchés, simplifiés et ainsi amoindris. Le grec et le latin ont été réduits au quasi néant, la vague de la réforme du bac, puis du collège, a déferlé, et maintenant c’est l’orthographe qui est touchée. Les enfants n’auront plus la joie de se dire après une dictée ardue et réussie: « je l’ai faite ! », la richesse de la langue française tombera en poussière dans un pays vulgarisé. La société de demain sera-t-elle composée de gens parlant et écrivant en verlan, pianotant un langage SMS sur leurs écrans et ouvrant des yeux éberlués devant les vers de Corneille, Racine ou Molière?